RISE & FALL FESTIVAL – Sur le papier, le pari semblait osé : à l’échelle du département des Deux-Sèvres, un festival voué à la déclinaison, toutes enceintes fumantes, des genres et sous-genres des musiques d’obédience heavy. Mission accomplie pour le Rise & Fall, qui ouvre les grilles de sa cinquième édition.

Alcest ©Andy Julia

« Au début, c’était une blague. » Désormais, Théo Richard, programmateur de la salle Le Camji, à Niort, le revendique : « Nous sommes le plus long festival de musiques extrêmes en France ! » Certes, le Rise & Fall concentre le gros de ses déflagrations sur les week-ends et les jours fériés, mais force est de constater que le festival s’étend sur quatre semaines consécutives. À ce compte, n’y a-t-il point un risque d’épuiser le public de niche fanatique des musiques « très amplifiées » ? « Non », affirme Théo, « car les propositions sont très accessibles et s’adressent à un public très large, qui ne va pas forcément faire le mois entier. » Les chiffres semblent confirmer ses dires. « Nos billetteries fonctionnent bien, avec un démarrage à fond la caisse ! » Chacun paraît picorer en fonction de ses affinités esthétiques. « À part la quarantaine de personnes qui sont des fous qui vont tout voir, on ne s’attend pas du tout à avoir le même public pour Agnostic Front, pilier du hardcore new-yorkais, et pour Demented Are Go le lendemain, groupe qui rallie les fidèles venus du punk, du psychobilly ou même du goth. » Étendu dans le temps, le festival l’est aussi sur le territoire, avec quinze partenaires répartis sur le département des Deux-Sèvres, structurés en collectif piloté par le Camji qui fait office de vaisseau amiral.

Grande est la diversité des lieux d’accueil retenus : à côté du Moulin du Roc (la scène nationale de Niort) et des très identifiées salles Émeraude à Bressuire et Diff Art à Parthenay, on remarque des concerts programmés dans une brasserie à Thouars ou au bar- restaurant-épicerie de Béceleuf, unique commerce de ce village de 800 âmes au cœur de la Gâtine… Faut-il en déduire que les musiques « très amplifiées », pour reprendre l’expression chère aux organisateurs, sont celles qui font le mieux tourner le box-office – et les chevelures – dans le département? «Il y a de la demande », confirme Théo Richard, « on le voit tout le long de l’année ; c’est une esthétique qui fonctionne bien. » Les Deux-Sèvres goûtent le brutal.
Guillaume Gwardeath

Rise & Fall
Du vendredi 21 octobre au dimanche 20 novembre, Deux-Sèvres (79)
www.riseandfallfestival.com