LES ÉPISODES – Le court métrage serait-il au cinéma ce que la nouvelle est au roman ? Avec son programme mensuel, proposé au cinéma Utopia Saint- Siméon, l’association bordelaise Monoquini s’aventure dans des terres peu connues du grand public comme des cinéphiles.

Précipité ? Fulgurance ? Art de la concision ? Un mardi soir par mois, Les Épisodes invitent à vérifier cette hypothèse, palliant la rareté de ce genre en soi ; hélas de plus en plus éloigné de la programmation des salles de cinéma.

Le principe ? Réunir thématiquement des œuvres qui échappent aux modes de production et de diffusion conventionnels et explorer des archipels cinématographiques passés sous le radar. Au menu : films d’artistes et/ou de cinéastes-plasticiens ; films-essais, expérimentations couvrant une étendue d’expressions et de pratiques audiovisuelles – de l’argentique au numérique, du cinéma d’animation au documentaire de création en passant par les infinies nuances de la fiction. Chaque séance présente une sélection de films contemporains ou plus anciens de tous horizons, composant les chapitres d’un récit imaginaire au long cours.

En ces dernières claires nuits d’été, on a encore les yeux pleins d’apparitions célestes fugaces, de lunes d’ambre, de gravier d’étoiles ; « les diamants des pauvres » selon Shakespeare. Sous ce vaste bol retourné qu’est la nuit, les lumières fossiles d’étoiles mortes nous parviennent après des millions d’années et touchent enfin notre rétine.

Et si on remarque que les doubles spirales de nos empreintes digitales se retrouvent au ciel, au centre de quelque constellation, il apparaît alors que le cosmos est à portée de main.

Entre exploration d’un espace intérieur, variations autour de l’astre nocturne, rêveries enfantines et déflagrations stellaires, ces propositions – Les Planètes d’Anne-Laure Boyer (France / 2003 / vidéo / n&b / 2’48) ; 13 de Shinya Isobe (Japon / 2020 / 16mm / couleur / 11’) ; Impressions en haute atmosphère de José Antonio Sistiaga (Espagne / 1989 / 70mm / couleur / 7’) ; Meteor de Matthias Müller & Christoph Girardet (Allemagne / 2011 / 35mm / n&b / 15’) ; Pwdre Ser (The Rot of Stars) de Charlotte Pryce (USA / 2019 / 16mm / couleur / 7’) et Axis of Aion de Manuel Knapp & Takashi Makino (Autriche-Japon / 2019 / num. / couleur / 14’), distingué par le prix du meilleur court métrage expérimental, LUFF 2021 – multiplient les récits et les techniques pour nous garder la tête dans les étoiles.
Oswaldo Copernic

Les Épisodes #5 : de la terre au ciel, mardi 13 septembre, 20h15
Cinéma Utopia Saint-Siméon, Bordeaux (33). monoquini.net