DIIV Figure emblématique de l’étiquette Captured Tracks, le quatuor d’obédience post shoegaze vient poser son frêle mur de guitares et son rack de pédales.

Groupe, le mot est vite dit. En fait, DIIV n’est autre que le projet de Zachary Cole Smith, New- Yorkais grandi au grand air du Connecticut, jadis batteur de Beach Fossils, toxicomane au passif bien chargé, obsédé par un certain son tel que pratiqué jadis au Royaume-Uni par My Bloody Valentine, Slowdive et tous les suceurs de roue signés à l’époque par Creation. Il est d’ailleurs savoureux, au passage, de noter que ce revival shoegaze, dont les déclinaisons se nichent jusque dans le metal, soit passé par les États- Unis via une génération qui devait trouver le truc plus exotique que, au hasard, le grunge. Signant ses débuts avec Oshin, il y a déjà dix ans, Zachary Cole Smith infusait quelques notes subtiles empruntées au legs motorik comme des motifs jangle pop, contrastant avec une relecture scolaire trop souvent à l’œuvre chez ses contemporains. Il n’en fallait pas plus pour que la formation se retrouve avec un statut de next big thing dans le Landerneau indépendant…

Et les espoirs placés ont bien failli tourner court pour des raisons de dope et, même si tout paraît affreusement cliché, de cette épreuve, le tourmenté leader accouchera en 2016 d’un inespéré deuxième format long, double même avec 17 chansons puisées dans 150 démos sur fond de rédemption.

Dernière livraison en date, Deceiver (2019), fruit de nouveaux tourments opiacés enfanté dans la douleur (un line up remanié), sonne paradoxalement avec une inédite cohésion. DIIV ne serait donc condamné qu’à la perpétuelle souffrance ? 
MAB

DIIV,
mercredi 25 mai, 20h30,
Le Rocher de Palmer, Cenon (33). lerocherdepalmer.fr