LLOYD COLE

Y a-t-il une vie après Rattlesnakes ? Bien entendu, et même si elle est moins mise en lumière, elle vaut largement le détour.

Petit prince des années 1980, devenu songwriter mature à l’orée des années 1990, le natif de Buxton, Derbyshire, désormais sexagénaire, mène une carrière pour laquelle la vertu domestique semble plus que jamais cardinale.
Tournées planifiées en vertu des meilleures tables et des parcours de golfs, souvent accompagné de son fils ; enregistrements maison financés par souscription ; présence numérique active (de sa page FB à son My Patreon)… on est loin des fantasmes rock star avec signature sur une major et ligne de crédit illimité. Oui, elle semble bien appartenir au passé cette parenthèse enchantée, où l’on s’offrait les studios Capitol de Los Angeles avec orchestre, avant de tailler la route avec Robert Forster et Grant McLennan.
Pour autant, aucun ressentiment, aucune amertume, Lloyd Cole n’a jamais semblé aussi affranchi qu’au tournant du nouveau siècle, libérant son écriture, plongeant avec délectation dans les sonorités électroniques, collaborant avec le mythe allemand Hans-Joachim Roedelius.
Toutefois, quoi de plus normal en somme ? Alors qu’on le présentait en 1984 comme l’un des hérauts indie-pop, lui ne rêvait que de tutoyer ses modèles avérés Bob Dylan et Leonard Cohen. Et pourquoi dissimuler plus avant son amour des machines ?
Ce printemps, enfin libéré des contingences, le revoilà sur scène défendant Guesswork (2019), disque de pop synthétique désarmant par son apparente naïveté mais profond comme il se doit à cet âge ; et Cole n’a rien perdu de son mordant.
But are you ready to be heartbroken ? Certainement pas. MAB

Lloyd Cole,
vendredi 25 mars, 20h30,
Krakatoa, Mérignac (33)
krakatoa.org