KEVIN MORBY

On regretterait presque la dissolution de The Babies et sa pop ultra-vitaminée mais, quatre LP plus tard, Kevin Morby a su construire une oeuvre on ne peut plus cohérente, ponctuée par un gracieux et limpide Oh My God. L’ange bouclé débarque pour deux dates néo-aquitaines déclinant son folk rock mélancolique et profond. Nous sommes impatients.

Henry Clemens

L’homme de Kansas City déambule depuis quatre albums déjà dans les vallées sombres d’une introspection folk-rockeuse sincère. On l’y accompagne avec plaisir. On songe tour à tour à el grande Bob Z., au géant Woody G. ou encore au taciturne troubadour Micah P. Hinson. Mi stone-face, mi gueule d’ange, l’homme paraît aussi timide que précis et tenace. Kevin Morby s’est dégagé des formations originelles, Babies ou Woods, s’est ébroué des toutes récentes et fort probantes expériences en quartet, les précédents opus Singing Saw ou encore City Music en attesteront, avec la formidable guitariste-bassiste Meg Duffy. 

Oh My God, publié en mai dernier, est tombé de l’arbre Morby comme une belle feuille roussie qui aurait largement différé le moment de sa chute, tant la couleur de cette oeuvre est mâtinée d’expressions langoureuses et d’introspections automnales. Ses quatorze titres forment un époustouflant édifice musical, pas seulement circonscrit à des ballades folk rock élégantes, dont il était jusqu’alors l’un des chantres magistraux. Sa chapelle s’est agrandie et il en explore les travées, le transept, la nef et l’abside.

Ouverture sur un piano qu’on croirait carré au fond d’un saloon, choeur céleste et saxo tendre… les chansons sont gracieuses, profondes, soit portées par des flûtes, un harmonium, soit par un choeur féminin. Son chant est précis et limpide, toujours compréhensible… Le tout ressemble à un hommage transi au grand invisible. Pourtant rien de bigot ne transparaît jamais, surtout pas lorsqu’il convie guitares crades sur son Oh My Lord ou choeurs primesautiers sur son Congratulations de baltringue, estampillé 70s. 

Le troubadour est aussi rare, que son cheminement est passionnant et original. Kevin Morby débarque seul mais accompagné de nombreux fantômes. 

Kevin Morby,
mercredi 10 juillet, 19h, Côte des Basques, Biarritz (64).
www.atabal-biarritz.fr
jeudi 11 juillet, 20h30, Rock School Barbey, Bordeaux (33).
www.rockschool-barbey.com