MIEL DE MONTAGNE

À près de 25 ans, le garçon a déjà une carrière derrière lui. Oiseau de nuit endurci, il a squatté les platines des clubs parisiens trop longtemps pour y faire son nid. Alors il est parti ailleurs voir s’il y était. Et c’est à la campagne qu’il s’est trouvé.

On peut comprendre la lassitude du jeune platiniste alors que son nom de scène évoque air pur et espaces ouverts. Quatre années de nuits parisiennes ont eu raison de sa soif d’indépendance. Retour chez ses parents, dans leur ferme, tel un Tanguy un peu honteux de ses déboires. Sauf qu’il n’a rien à se faire pardonner, juste se réconcilier avec l’adolescent qu’il était. Retrouver ses jouets d’antan – la guitare – et composer quelques ritournelles pop, sucrées et faciles.

C’est la figure tutélaire de Philippe Katerine qui nourrira son personnage et son style. Toutefois, Milan (pour l’état civil) cite aussi bien Prince et Julio Iglesias pour leur démarche kitsch que Matthieu Chedid pour sa musique. Car son père n’est autre que Marcel Kanche, compositeur notamment de la chanson Qui de nous deux pour M, et surtout auteur d’une bonne douzaine d’albums solo.

©Édouard Sanville & Juliette Abitbol

Kanche fut aussi un proche d’Alain Bashung et ce n’est certainement pas de cet héritage- là que se revendique sa progéniture. Lui la joue musique légère, comptines en boucle (loop), et paroles inoffensives. Le message n’est pas entre les lignes. Il est contenu dans les titres sans double fond comme Petit garçon ou Pourquoi pas. Avec des textes tels que Main dans la main, yeux dans les yeux, jamais je ne t’oublierai ou Slow pour mon chien.

On est dans le monde de la lo-fi assumée, entre couplets bricolés et refrains en spirale qui se répètent à l’infini, car ils sont le début et la fin dudit message. Un message cool, à l’image de la philosophie de vie de ce garçon. Finalement peut-être pas si inconscient que ça de la légèreté de l’être.

José Ruiz

Miel de Montagne, mercredi 19 février, 20h30, Rock School Barbey (33).

www.rockschool-barbey.com