LE FAB

C’est reparti ! Une trentaine de spectacles et performances artistiques composent la 6e édition du Festival international des Arts de Bordeaux Métropole, dont plus de 40 % gratuits. L’événement qui démarre le 1er octobre pour trois semaines n’est pas que bordelais : il s’installe dans 12 des villes de la métropole. Des navettes permettent d’aller d’un spectacle à l’autre. Parmi les propositions gratuites, deux formes atypiques, l’une très aérienne et l’autre terrienne, sont à découvrir à la Benauge et à Saint-Médard-en-Jalles.

B-Fuck Me – Back cover (photo by DIEGO ASTARITA)

Lignes ouvertes de la compagnie Basinga vous propose LE grand frisson à 35 mètres de haut. Difficile de visualiser ?
Pour vous aider, disons que c’est la hauteur d’un immeuble de dix étages comme il en existe à la Benauge. C’est justement là, au-dessus du parc Pinçon, sur l’une des tours que s’accroche un fil, relié 200 mètres plus loin à un autre point vertigineux de la rive droite. Entre les deux, la funambule Tatania-Mosio Bongonga traverse, sans attache, cheveux aux vents. C’est beau, c’est impressionnant, c’est prodigieux de virtuosité. Et c’est une formidable aventure collective et humaine à laquelle le FAB et Chahuts vous proposent de participer : la compagnie sera présente dix jours à la Benauge pour mener des ateliers avec les habitants, les élèves des écoles du quartier et en partenariat avec la bibliothèque. Chacun peut trouver sa place : ateliers de musique pour composer la bande-son du spectacle ou atelier de cavaletti, ces équipiers qui tiennent et sécurisent le fil… « L’idée, c’est qu’un maximum de monde puisse participer et assister à cette traversée aérienne, ajoute Sylvie Violan, que les gens puissent la voir depuis leurs fenêtres, leurs balcons, ou depuis le parc ».
L’autre traversée est inventée à Saint- Médard-en-Jalles par les trublions d’Opéra Pagaï avec la compagnie Carabosse, déjà venue illuminer les Bassins à flot en 2018. Alors que les théâtres fermaient leurs portes l’an dernier par décision gouvernementale, Opéra Pagaï investissait… un jardin.
Avec la scène nationale Carré-Colonnes, qui est historiquement le copilote du FAB, Cyril Jaubert et ses compagnons ont inventé pendant la pandémie, des projets participatifs et horticoles qui ont transformé le paysage saint-médardais, jusque dans les loges du théâtre.

Christos Papadopoulos Larsen_C©Pinelopi_Gerasimou for Onassis Stegi (54)


Du plateau devenu pâturage et champ céréalier, jusqu’au toit métamorphosé en carrelet, on peut réaliser seul, à plusieurs, en famille, entre amis, une traversée incroyable et fantastique de la place de la République à la découverte du jardin secret, planté en mai par plus de mille semeurs saint-médardais. C’est doux, serein, joyeux, mis en récit par les uns, en lumière et en feu par les autres, évoquant ce qui aurait pu advenir si la Covid-19 ne s’était pas interposée entre leurs rêves et la réalité et donnant à voir, à sentir, à vivre autre chose : une Coulée douce, comme un songe, une rêverie, reliant le dedans et le dehors, l’avant et l’après. Un théâtre différent, en liberté.

Hélène Petitprez

Lignes ouvertes, Cie Basinga,
dimanche 17 octobre, 17h,
parc Pinçon, Bordeaux (33).

La Coulée douce, Cie Opera Pagaï,
du jeudi 21 au samedi 23 octobre, 18h30,
Le Carré, Saint-Médard-en-Jalles (33).
www.fab.festivalbordeaux.com