FESTIVAL ÔRIZONS – La 14e édition des rencontres dédiées aux arts et cultures du Proche-Orient revient dans un nouveau format, essaimant toujours à travers la Dordogne. État des lieux en compagnie de Nicolas Lux.
Propos recueillis par Marc A. Bertin

Quelle est l’origine d’Ôrizons ?

Une initiative citoyenne, en 2009, à Périgueux, afin de débattre de la question du Proche-Orient en évitant l’écueil du militantisme. L’envie d’ouvrir la fenêtre par le biais de la culture. Cet événement ne devait devenir un festival, c’est le succès public, dès la première édition, qui en a décidé autrement ; à croire que la géopolitique trouve des répercussions y compris en milieu rural… Nous avons multiplié les partenariats sur tout le territoire, et, en dix ans, la manifestation a pris son envol devenant la troisième à l’échelle de Périgueux en termes de fréquentation. 2018, l’heure du choix : poursuivre ou se professionnaliser ? On a décidé de continuer et de changer de nom l’année suivante.

Quel est le projet ?

Quelque chose de simple reposant sur les principes de l’éducation populaire. Par ce prisme, nous abordons une cascade de sujets de société, de la citoyenneté aux flux migratoires. Et une ambition : devenir une boîte à outils en s’appuyant sur l’expertise culturelle.

Pourquoi la pluridisciplinarité ?

Elle s’est imposée d’elle-même. Il y avait une initiative citoyenne et la volonté de rassembler dans le sens le plus large. On a ratissé, on s’est implanté peu à peu sur un territoire, en proposant beaucoup au risque de devenir « flou ». Désormais, Ôrizons se focalise sur trois axes : le spectacle vivant, la photographie et le livre.

Romain Lorendeau

Pourquoi l’itinérance ?

Nous ne voulions surtout pas créer un énième événement réservé au public de la grande ville. Nous souhaitions aller ailleurs, nous ouvrir à la mobilité des publics. À qui s’adresser ? Comment rencontrer les publics, des quartiers au monde rural ?

Comment reprend-on le train en marche après deux ans d’interruption ? 

On s’est débattu comme tout le monde. En 2020, un format réduit décalé à l’automne, idem en 2021. Nous avons élaboré une nouvelle forme avec le village nomade qui sert tant à la médiation qu’aux petites formes de spectacle vivant. Nous nous relevons difficilement alors que la question culturelle brille singulièrement par son absence dans tous les programmes politiques en cette année d’élections. Alors, nous préférons poursuivre le combat avec notre objet atypique car la culture demeure un vecteur d’émancipation. Nous donnons à voir et entendre ce qui ne pourrait l’être ailleurs.

Quels temps forts immanquables cette année ?

Le BD-concert, Les oiseaux ne se retournent pas, adapté du roman graphique de Nadia Nakhlé, mardi 7 juin, en ouverture, au Palace, à Périgueux. Le concert de Yom, clarinettiste virtuose et superstar du klezmer. La venue de Mohamed Kacimi, homme de lettres algérien, sur les pas de la figure de Kateb Yacine. « Je n’ai pas pleuré depuis dix ans », première exposition documentaire de la photographe Chloe Sharrock ; à noter que sur les quatre travaux photographiques présentés, deux le sont de récipiendaires du World Press Photo : Romain Laurendeau et Stephan Zaubitzer.

Festival Ôrizons
Du mardi 7 au samedi 18 juin, Périgueux (24) et Dordogne
festival-orizons.fr