TRIBUNES LIBRES – La passion ne connaîtra jamais aucune relégation. Le collectif bordelais responsable de la publication Gazzetta Ultra est actif dans les tribunes lors de chaque rencontre de son équipe sur un terrain de football. Il l’est aussi quand il s’agit de présenter la culture ultra, partie intégrante de la vie des supporters les plus impliqués des stades. Questions à Bastien Oliveira, porte-parole de la Squadra Gazzetta. Propos recueillis par Guillaume Gwardeath.

Peut-on rappeler, dans le milieu du football, qui sont les ultras ?

Un ultra, c’est un supporter qui va aller au-delà du simple fait de se rendre au stade le samedi pour supporter son équipe. Il va s’impliquer dans des associations qui vont avoir une part indéniable dans la vie des clubs de par l’ambiance créée en tribunes en produisant ce qu’on appelle des tifos, ces grandes animations que l’on voit à l’entrée des joueurs, et du fait de vivre cette passion 24 heures sur 24. Un ultra prépare toujours le match d’après. C’est un mouvement qui trouve son origine dans les années 1970, en Italie, dans les tribunes populaires.

Quel rapport ce mouvement a-t-il avec le fanzinat ?

Le fanzine a rapidement fait partie de la culture ultra. C’est à la fois un outil d’information et un objet de mémoire. Les groupes ont cherché à communiquer sur leurs actions et ont produit des petits supports papier pour laisser une trace. À l’arrivée des premiers ultras français, dans les années 1980, le fanzine gagne les tribunes de l’Hexagone. Il s’achète au stade, se diffuse de la main à la main et garde toujours un ton décalé tout en se voulant un vecteur de la mentalité de chaque groupe. L’essor d’Internet a fait de la concurrence au support ; les temps sont plus durs pour les fanzines, mais les groupes ultras, fiers de leur anachronisme, continuent d’en publier régulièrement.

Comment votre publication Gazzetta Ultra s’inscrit-elle dans cette tradition ?

L’idée originale, c’était de sortir un site internet d’actualité. Après discussion, on s’est tourné vers le projet d’un format papier : produire un contenu de qualité avec des photos, des interviews, des articles, des comptes rendus de matches et de déplacements, des rubriques « nostalgie » où on met des vieilles photos de tribunes françaises et européennes… Sur du papier, parce que c’est quelque chose qui reste. Et aussi parce qu’on s’est toujours voulu un peu en marge de la société. Notre mouvement est militant, rebelle, c’est un mouvement de jeunesse, et la production de supports auto-édités en indépendance correspond parfaitement à la mentalité que revendiquent les supporters ultras.

« Ultras : 40 ans de fanzines dans le mouvement supporters »
Jusqu’au samedi 3 septembre, la Fanzinothèque, Poitiers (86)
www.fanzino.org

Pour en savoir plus :
Le site de Gazzetta Ultra
gazzettaultra.bigcartel.com
Musée virtuel des fanzines de supporters
www.zinesdefrance.com