NOUVEAU À BORDEAUX. Malgré la situation sanitaire et ses effets mortifères, l’équipe de l’I.Boat passe à l’offensive.

En 2021, l’I.Boat soufflera 10 bougies sur un gâteau que l’on espère aussi beau que copieux, mais ne précipitons pas les choses. D’ailleurs, qu’est-ce que l’I.Boat ? Un lieu de diffusion – principalement de concerts –, un lieu de médiation, un lieu d’accompagnement et une (modeste) résidence d’artistes. Enfin, un bar et un restaurant. Le tout dans 600 m2 inhabituels ; un ancien ferry, La Vendée. Autant dire que l’on peut s’y sentir rapidement à l’étroit quand on caresse d’autres projets.

En fait, depuis cinq ans, l’équipe réfléchit à ses nouvelles envies « au-delà du bateau ». Soit de nouveaux outils destinés à la création et à l’émergence artistique. Paradoxalement, le confinement aura été bénéfique à ces cogitations comme le confie Benoît Guerinault, directeur artistique. « Nous sommes fermés depuis le 15 mars. C’est une cassure dans la chaîne de diffusion. Or, il faut continuer à se battre pour proposer des lieux d’expression. Le temps de la réflexion fruit de cette rupture nous a permis une refonte complète du projet. En outre, nous souhaitions depuis longtemps développer la dalle du Pertuis. Nous avons signé une délégation pour dix ans et sommes soutenus par Bordeaux Métropole et la Ville de Bordeaux. Nous voulons participer au renouvellement de ce quartier, qui est transfiguré et certainement le plus urbanisé à l’heure actuelle intra-muros. Nous apprécions aussi de travailler sur des objets en voie de réhabilitation comme notre bateau. Et nous aimons également l’idée d’une petite “friche” itinérante. Voilà donc Blonde Vénus, un lieu plus chaleureux, plus adapté à la convivialité et à la rencontre. »

I.Boat V2

Hommage malicieux à Josef von Sternberg et à la tradition des bals montés, ce cabaret à l’état sauvage, dont le parquet a été foulé par force danseurs et danseuses, veut embrasser dans le même élan cinéma, musiques, propositions pédagogiques. Sacré pari ! À commencer par son blase qui « exprime la transition d’une humeur portuaire vers quelque chose de plus féminin, de plus solaire, de plus astral ; un nom trouvé de façon fort naturelle ». Dont acte.

Le fonctionnement, lui, sera saisonnier : de septembre à mai, puis bascule en version guinguette aux beaux jours. Toutefois, si l’équipe reconnaît volontiers que ce dancing protéiforme joue le rôle d’une petite soupape plus que bienvenue au modèle économique de l’I.Boat, l’ambition ne se limite pas aux contours du pur divertissement avertit Benoît Guerinault. « Ce projet s’inscrit au sein d’un projet, lui, plus global, plus fédérateur pour décloisonner à la fois publics et pratiques. »

Au menu

Pour l’heure, Covid-19 oblige, la jauge oscille entre 100 et 150 personnes, sinon, dans sa configuration « normale », c’est 500 personnes collées serrées. Les horaires d’ouverture sont 18h-minuit en semaine, 12h-19h le dimanche. Évidemment, les réservations en ces temps de MERDE sont plus que recommandées, mais que l’on se rassure, il y aura toujours une billetterie sur place.

Le mercredi sera consacré au cinéma et à l’audiovisuel. En résumé, un ciné-club décalé avec adhésion et programmation mensuelle. Séance à 19h, précédée ou suivie d’un temps d’échange. Les choix portent des années 1930 aux années 1990. Première série consacrée aux monstres marins avec notamment l’opus culte de Jack Arnold : Creature from The Black Lagoon (1954). Puis, une série consacrée aux chorégraphies aquatiques ; on espère une intégrale Esther Williams

La musique étant indissociable de l’ADN de l’I.Boat, Hombre Lobo InternacionalOne Wolf/Man Band – ouvre les hostilités vendredi 16 octobre. Conscient des contraintes du concert assis, Blonde Vénus table sur une date hebdomadaire, avec une programmation construite au fil de l’eau. Pour autant, que les choses soient claires, tout ce qui est cul sur tout ce qui est chaise ne rime pas avec club de jazz ou auditorium. Preuve en est : les ciné-concerts sont de la partie. Ça débutera mercredi 16 décembre avec le monument d’humour noir Fargo, signé par les frangins Coen en 1996, dont la bande-son sera réinterprétée sur scène par le trio rennais d’obédience électronique/ambient Fragments.

Dernier point et non des moindres, Blonde Vénus se la « joue » maison de quartier avec une programmation à caractère périphérique qui va du loto à la belote en passant par les quizz, les brocantes et les marchés de créateurs.

Ô mon bateau !

Autre nouveauté de cette fastueuse V2 : Le Vogue. Rien à voir avec la célèbre publication du groupe Condé Nast puisqu’il est question de la réouverture de la table de l’I.Boat, qui s’offre une beauté pour l’occasion. Tout à la fois café, bar et restaurant, Le Vogue (ouverture mi-novembre) propose sur le pont supérieur non plus une cantine mais une vraie table, dont la carte est désormais dans les mains d’une cheffe. Sur le pont principal, place au bar, revu en version lounge et cocktails, ouvert de 10h à minuit. Donc, selon l’expression consacrée, « deux salles, deux ambiances ».

Le mot de la fin ? « En résumé, une salle des fêtes – Blonde Vénus –, dirigée par Élodie Antonioli. Un lieu dédié à la culture numérique : l’I.Boat. Et pour moi, en qualité de directeur artistique, Blonde Vénus est aussi bien un objet qu’un lieu d’objets. »


Ouverture du Bal : le 15 octobre dès 18h

www.iboat.eu