ÉPHÉMÈRES – ENTRACTE Mêlant art contemporain et patrimoine, l’intermède estival concocté par les Rives de l’Art convie les plasticiens Fernando Costa, Laurent Mareschal et Marlène Mocquet dans deux lieux du Bergeracois.

Depuis 2007, l’association Les Rives de l’Art organise ses épHémères. « L’été dernier, rembobine Annie Wolff, la présidente des Rives de l’Art, on a réussi à mener une très belle édition avec de très beaux moments d’émotions collectives. On ne s’attendait vraiment pas à ça. En regard du contexte, cela tient du miracle. »

ICI AILLEURS—Château Monbazillac 2022 ©Laurent Mareschal

Événement phare, la biennale épHémères alterne une année sur deux avec sa petite sœur baptisée épHémères – entrActe. Plus modeste par sa taille, cette manifestation reste fidèle à l’ADN impulsé par la petite structure implantée en Bergeracois : diffuser de l’art contemporain en Sud Dordogne. Pour élargir son public, la proposition associe une dimension patrimoniale à ces deux événements. En résulte un itinéraire bucolique au cœur duquel dialoguent art actuel et patrimoine local.

Cet été, la forme plus légère des épHémères nous convie au château de Monbazillac. Dans l’enceinte emblématique de cet édifice construit au milieu du xvie siècle, on pourra découvrir les propositions de Laurent Mareschal et Marlène Mocquet. Passé par les bancs de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et par Le Fresnoy, le premier partage sa pratique entre vidéos, installations et performances. En guise de fil conducteur à ces différents médiums : des gestes simples et des déplacements contextuels qui engendrent une expérience poétique.

En témoigne le travail avec lequel ce natif de Dijon est à l’affiche cet été : des œuvres immenses posées à même le sol dessinant des ellipses concentriques. Composés de café et d’épices variées (sumac, piment doux, paprika, curry, curcuma, etc.), ces tapis aux allures de trous noirs stimulent les mémoires olfactives à la manière de la madeleine de Proust et nous aspirent dans une vanité contemporaine. Les séductions ambivalentes générées se prolongent dans l’œuvre de Marlène Mocquet, née à Maisons-Alfort en 1979. Passée elle aussi par les Beaux-Arts de Paris, avant de rejoindre la Cité de la Céramique de Sèvres pour une résidence au long cours, cette peintre et céramiste dresse dans la salle à manger du château un service de table intriguant et étrange, jouant avec l’attraction et la répulsion dans une veine qui croise Jérôme Bosch et Lewis Caroll.

À une poignée de kilomètres de là, le château de la Jaubertie a mis à disposition le chai rustique de sa propriété viticole. Pour ce lieu insolite, Annie Wolff a songé à un artiste du territoire : « Quand j’ai vu cet endroit, avec ces murs de pierres et ces tonneaux cerclés d’acier, j’ai pensé à Fernando Costa et ses panneaux métalliques qui sont visuellement très puissants. » Pour l’occasion, le sculpteur- soudeur autodidacte originaire de Sarlat-la-Canéda a aussi réalisé des créations inédites. 
Anna Maisonneuve

« épHémères – entrActe #6 »
Jusqu’au lundi 5 septembre
Château de Monbazillac, Monbazillac (24) et château de la Jaubertie, Colombier (24)
www.lesrivesdelart.com