FESTIVAL LES VENDANGES DU 7E ART – Jocelyne Aymé, enthousiaste fondatrice du festival et en charge du cinéma l’Eden, s’arrête sur ce festival médocain, inclusif dès sa création, ouvert et en lien avec un territoire d’îliens parfois un peu sevrés de cinéma. Et dévoile quelques moments forts d’une 7e édition, présidée par Anne Parillaud, du 12 au 17 juillet, à Pauillac. 
Propos recueillis par Henry Clemens

Comment est né ce festival dans les vignes ?

Je gère la salle de l’Eden, classée « art et essai » et labellisée « jeune public », depuis trente ans à Pauillac. La nouvelle municipalité, élue en 2014, m’a demandé de réfléchir à un événement culturel estival qui soit ouvert au plus grand nombre, accessible à toutes et à tousavec une politique tarifaire adaptée. J’ai été accompagnée dans ce projet par François Aymé,qui est certes mon époux mais surtout directeur du cinéma Jean Eustache à Pessac et président de l’Association française des cinémas d’art et d’essai. En zone rurale, nous savons que le coût d’une place de cinéma n’est pas anodin, c’est pourquoi nous avons imaginé des projections majoritairement gratuites, financées par des partenaires. Je précise à cet endroit que le festival est reconnu d’utilité publique et d’intérêt général. Nous nous appuyons pour cet événement sur un ensemble d’acteurs locaux, de médias nationaux et locaux. Nous avons aujourd’hui plus d’une centaine de partenaires et un partenaire exclusif : France Télévisions.

Un festival sans thématique mais avec des journées à thèmes ?

Nous avons créé une compétition internationale, une compétition jeune public, et rapidement songé à des journées à thèmes, dans la mesure où le festival n’a effectivement pas de thématique. Dans ce cadre, nous avons eu des journées consacrées à l’humour au cinéma, la littérature au cinéma, à la postsynchronisation…

Parlez-nous de cette 7e édition.

Cette année, nous faisons un focus sur la musique et le cinéma avec Thibault Cauvin, grand guitariste et compositeur, qui vient de sortir un CD consacré aux musiques de film. Nous aurons également la présence de Pablo Pico qui compose des musiques pour les films d’animation. Enfin, Claude Zidi Junior vient nous présenter son film Ténor dans lequel il est largement question de musique de film. Ces trois artistes croiseront leurs regards ! Zabou Breitman vient, elle, dans le cadre des journées littérature et cinéma ― Quais des Plumes ―avec un temps fort sur le cinéma féminin, le 17 juillet. Nous programmons bien entendu toujours des projections gratuites en plein air sur les quais de Pauillac.

Jean-Jacques Annaud © Jocelyne Aymé

Qui préside le Festival ?

C’est Anne Parillaud, accompagnée du réalisateur Vladimir de Fontenay, qui vient de réaliser un documentaire sur Yannick Noah. Il y a aussi Charlène Favier, réalisatrice du très beau Slalom, et encore la scénariste et réalisatrice Reem Kherici. Damien Jouillerot, acteur vu dans le remarqué Malabar Princess, préside le jury « Jeune Public » et Bertrand Dormoy, celui du « Jury Étudiant », qui accueille deux écoles de cinéma : Cinémagis et l’IMAAT Bordeaux.

Quel film d’ouverture ?

La Dégustation d’Ivan Calbérac, un titre qui nous va bien (rires). C’est un film avec Isabelle Carré, Bernard Campan, Mounir Amamra et Éric Viellard, tous présents le mardi 12 juillet à 18h30. Cette cérémonie d’ouverture est précédée d’une masterclass avec Jean-Jacques Annaud que nous retrouverons le lendemain dans le cadre de journées professionnelles destinées au réseau des bibliothèques et médiathèques de Gironde. L’occasion de signatures et de rencontres également avec Isabelle Carré ou encore Anne Parillaud.

Quels films et pour quelle ligne éditoriale ?

Nous ne projetons que des films art et essai, que nous sommes allés chercher à Un Certain Regard, à Cannes Première, ou encore des films provenant de la compétition du festival de Cannes et de la Quinzaine des Réalisateurs. Au total, une vingtaine de films en avant-première nationale et deux films en avant-première mondiale ! Soit dix films en compétition internationale, cinq films en compétition jeune public, quatre films projetés en plein air.

Un festival comme le vôtre s’assigne-t-il un rôle dans cette drôle de période pour les salles ?

Dès la 3e édition, nous avons senti que la notoriété du festival jouait sur la fréquentation des séances de quelques cinémas de la région. Le festival a été un levier pour pallier la crise des affluences en salle. L’immersion totale pendant une semaine est un moment privilégié de partage et d’échange. Il nous permet de faire passer le message que cette émotion collective que permet la salle obscure, il faut la préserver… la sauver. J’ajoute, et c’est assez rare pour le signaler, que la ville de Pauillac projette la création de trois salles au cœur de la ville pour donner l’opportunité au public du territoire médocain de voir aussi bien des films grand public que des films art et essai plus intimistes qui ne bénéficient pas d’une grande couverture. Ce qui permettra à nos équipes d’avoir une programmation plus riche et plus éclectique.

Le résultat d’un festival qui a trouvé ses marques et qui rencontre le succès ?

Le festival a été un levier pour cette création dans la mesure où en 2019 nous avons accueilli 9 000 spectateurs, alors que le cinéma l’Eden ne propose que 250 places ! Le public nous suit ! Pari gagné en milieu rural et nous le devons, certes, à la volonté municipale, aux partenaires, mais également et très largement aux 40 bénévoles !

Pourquoi les Vendanges du 7e Art ?

C’est bien entendu une métaphore qui renvoie à notre vocation d’aller cueillir des pépites de cinéma dans divers festivals. Nous avons dès le départ imaginé une compétition internationale en cherchant une date de programmation qui nous insérerait dans le calendrier des festivals aquitains existants sans les gêner.

Festival Les Vendanges du 7e Art
Su mardi 12 au dimanche 17 juillet, cinéma l’Eden, Pauillac (33)
www.vendangesdu7emeart.fr