PANIQUE AU DANCING / DANSE EN MAI (EN SEPTEMBRE)
Entre Niort, Brive et Tulle, autant de manières d’inscrire le corps dans l’espace public et naturel. Et de sortir les spectateurs au grand air.

Ne pas se fier aux intitulés, Danse en mai, rendez-vous printanier en extérieur, a migré début septembre, enjambant restrictions et confinements. Sur les hauteurs corréziennes, dans une cartographie du geste qui mène de Brive-la-Gaillarde à Tulle, la scène nationale L’Empreinte fait sa rentrée en mouvements inscrits dans le paysage.
L’hybridité marque cette édition, avec une programmation carte blanche laissée à Yoann Bourgeois, circassien-chorégraphe, dont les projets s’articulent depuis longtemps autour d’une obsession : le point de suspension. Sur la sellette depuis quelques mois, suite à la diffusion d’une vidéo mettant à jour une pratique de plagiats artistiques ou du moins de citations non mentionnées, le directeur du CCN de Grenoble met les accusations de côté, et imagine mille façons de suspendre le mouvement.
Il y présente deux expositions, dont une inédite (I did it, did i?), une version participative de Celui qui tombe, Démocratie, des petites pièces expérimentales toutes courtes avec Marie Bourgeois (Tentatives d’approches d’un point de suspension), et invite des artistes-compagnons, comme Loris Lozneanu, et son Portrait de quelqu’un qui fait quelque chose.

© Ximena Lemaire-Castro

Cette édition, qu’il souhaite un « manifeste de joyeux décloisonnements », propose d’autres croisements entre cirque et mouvements : le numéro cavalier, en duo, de Marcel.le & Claude ; l’artiste israélienne Inbal Ben Haim avec Racine(s) ; Claudio Stellato et sa délirante séance de bricolage dadaïste (Work) ; ou Olivier Debelhoir et son poétique L’Ouest loin.
À Niort, Agnès Pelletier de la compagnie Volubilis, a ancré sa biennale de la danse dans le paysage de la ville-même. « Dedans/dehors », clame-t-elle. Les grandes escapades « amateur » dans la ville sont devenues le clou rassembleur qui a fait la réputation de ce festival en une poignée d’éditions.
Même si la pandémie restreint les possibles de sa danse in situ et circonscrit le festival autour du Moulin du Roc, l’élan artistique survit ! Panique au Dancing distillera le mouvement un peu partout, dans une multitude de formes : dans Vitrine avec les Harmoniques du Néon ; jouant avec les bancs (Zig Zag) ou la peinture (Derrière le blanc) ; dans une forme olympique (avec la 4e session de Panique olympique) ou marathonienne (La Gràànde Finàle).
De chorégraphies Cluedo (Dans le détail), en déambulations dévissées (Screws), la danse se retrouve aussi parfois, tête en bas (Underground). Cette 4e édition opère un focus sur les artistes italiens, avec la double présence d’Ambra Senatore, directrice du CCN de Nantes, chorégraphe facétieuse en prise avec la vie que ce soit dans sa Danse au marché, mariage spontané de la nourriture et du geste dansé, ou son nouveau duo avec Marc Lacourt (Il nous faudrait un secrétaire), et d’Alessandro Sciarroni, chercheur insatiable d’autres univers (le jonglage, la danse traditionnelle ou le clown) qui nourrissent sa danse épurée, ici dans Save the Last Dance for Me, duo de polka chinata sur techno, et Chroma, rotation entêtée où le chorégraphe retrouve le plateau pour un numéro solo.

Stéphanie Pichon

Danse en mai en septembre,
du mercredi 1er au dimanche au 12 septembre,
Brive-la-Gaillarde et Tulle (19).
www.sn-lempreinte.fr

Panique au Dancing – danse dedans dehors,
du mercredi 29 septembre
au samedi 2 octobre, Niort (79).
paniqueaudancing.fr

© Ximena Lemaire-Castro