FESTIVAL DU CINÉMA DE BRIVE – Le festival corrézien, créé en 2004 par Katell Quillévéré et Sébastien Bailly, fut le tout premier entièrement consacré au moyen métrage, adoubé dès 2006 par le CNC. Maguy Cisterne, sa secrétaire, revient sur cette 19e édition. 
Propos recueilli par Henry Clemens

Comment envisagez-vous cette édition ?

Sous les meilleurs auspices car nous retrouvons nos dates printanières habituelles. J’ajoute que nous n’avons pas connu d’années blanches ni joué la carte d’un festival en ligne. Nous estimons qu’un festival n’a de sens qu’en présentiel dans la mesure où les grands enjeux restent de faire venir les gens dans les salles ! 22 films ont été sélectionnés parmi les moyens métrages produits dans l’année précédente ; entre le 4 et le 9 avril, nous projetterons cinquante-cinq films !

Le festival reste un rendez-vous majeur pour la filière.

En effet, l’ensemble des professionnels du cinéma vient se retrouver ici. Avec la présence des réseaux néo-aquitains de producteurs, de réalisateurs, nous renouons avec les bonnes pratiques consistant à se retrouver pour faire avancer les projets. Le festival est d’abord un lieu de cinéma avec une compétition, présidée cette année par Axelle Ropert, avec son lot de rétrospectives, d’hommages, mais aussi un espace professionnel avec des tables rondes, des rencontres, des séminaires, etc. Ce qui fait de Brive un moment important dans le calendrier des événements liés à la filière cinématographique.

Vous restez le lieu emblématique de projection des moyens métrages ?

Oui, nous présentons ici des films d’une durée de trente à soixante minutes. On sera toujours un festival dédié aux moyens métrages dans la mesure où on s’est créé
pour valoriser ce format ; ce qui se faisait peu en 2004, à sa création. Les moyens métrages étaient un peu noyés dans la masse alors qu’ils expriment une forme de professionnalisation de ceux qui les font ! La Société des Réalisateurs de Films a également voulu créer ce festival dédié pour défendre la liberté du format. C’est le seul art qu’on a formaté ! Si vous êtes peintre, on ne va pas vous dire de faire une
toile de 40 sur 60 parce qu’elle serait plus aisée à accrocher ! Au cinéma, vous avez cette injonction liée à la distribution. Ce qui n’a pas de sens… D’ailleurs, les festivaliers ne disent jamais qu’ils vont voir un moyen métrage mais bien un film, d’autant plus qu’avec une séance de deux moyens métrages, ils en ont pour leur argent (rire).

Olivier Soulie
Olivier Soulie

La sélection ne répond pas à une thématique ?

Notre existence est liée au format et non aux contenus ; en revanche, la sélection effectuée par le comité et le directeur artistique s’attache à révéler des talents. On a toujours pensé que quelqu’un qui réussit un moyen métrage est un cinéaste à part entière. Le rôle de cette commission est de repérer les talents parmi les films que nous recevons, comme bon nombre de festival, à la différence près que nous voyons les films de parfaits inconnus. Nous avons ainsi révélé Justine Triet, Nicolas Pariser, Bertrand Mandico dont les premiers films ont été montrés à Brive. Notons la présence de nombreux films à la limite du film de genre, souvent fantastique. Il y a également une ou deux bonnes comédies, ce qui est assez rare.

Festival du cinéma de Brive – Rencontres internationales du moyen métrage
Du lundi 4 au samedi 9 avril, Brive-la-Gaillarde (19)
festivalcinemabrive.fr