CENTRE D’ART CONTEMPORAIN DE MEYMAC – Baptisée « Varia », cette nouvelle exposition raconte, de façon protéiforme, l’absence de mouvements artistiques définis ces dernières années.

Force est de constater, et n’importe quelle frise chronologique rapportant consciencieusement les courants artistiques le confirmera, que les différents mouvements, écoles et tendances qui se succèdent, se suppléent, s’accompagnent ou se chevauchent à l’allure des xixe et xxe siècles tendent à se raréfier à mesure de l’avancée temporelle.

Romantisme, orientalisme, réalisme, impressionnisme, symbolisme, pointillisme, art nouveau, expressionnisme, fauvisme, futurisme, cubisme, art abstrait, rayonnisme, orphisme, suprématisme, dadaïsme, surréalisme, expressionnisme abstrait se relaient selon les motifs de la déconstruction et de la destruction, ce qui implique les principes de rupture, de divergence, d’opposition comme parfois de glissements formels et/ou conceptuels.

Cette quête d’un renouvellement constant augure l’essoufflement fatidique de sa propre finitude. Et si l’on en croit Jacinto Lageira, cette perte de vitesse se détecte déjà bien antérieurement. Ainsi, « les avant-gardes des années 1920 et 1930 ont beau tenter de reprendre le flambeau des utopies nées au xixe siècle, leurs tentatives seront réduites à néant par la Seconde Guerre mondiale, dont la modernité ne saura pas vraiment se relever ». Malgré les derniers soubresauts des années 1950, 1960 et 1970, qui voient encore naître pop art, nouveau réalisme, minimal art, Fluxus, art conceptuel, hyperréalisme, arte povera et land art, sans compter les appellations diversement flanquées de préfixes « post » ou « néo » dans les années 1980 et 1990, espérant par là encore asseoir une forme de renouvellement quasi illusoire, l’historien, qui entame les toutes dernières décennies, ne rapporte plus beaucoup de péripéties extraordinaires.

Fraîchement récompensé au printemps dernier pour ses quarante ans d’activité dédiée à la promotion des arts plastiques, le Centre d’art contemporain (CAC) de Meymac vient d’obtenir le label « Centre d’art contemporain d’intérêt national » (CACIN). Dans ce prolongement, l’exposition imaginée par Jean-Paul Blanchet propose d’explorer cet émiettement contemporain évoqué plus haut en compagnie d’une quarantaine d’artistes et de leurs œuvres croisant peintures, sculptures, photographies, productions numériques et audiovisuelles. Répartie sur les cinq niveaux de l’aile sud et de la tour de l’abbaye Saint-André, cette approche délibérément subjective désavoue une tendance dominante pour se pencher sur cet essaim foisonnant nourri par les thématiques sociétales, environnementales et les recherches prospectives questionnant notamment les avancées scientifiques.
Anna Maisonneuve

«Varia»
Jusqu’au dimanche 16 octobre
Abbaye Saint-André – Centre d’art contemporain, Meymac (19)
www.cacmeymac.fr