Du 15 au 18 juillet, au château de Duras, dans le Lot et Garonne, 3 jours dédiés aux musiques électroniques. Soit 18 propositions, dont le retour de l’ancien Gamine, Paco Rodriguez, sous alias Sitarsonic, entre electronica, dub et transe indienne.

Chateau de Duras

Le garçon qui voulait rester sur la plage (titre de Gamine, période indé garage), n’a pas tant changé. Bur(i)né, tatoué, velu à souhait, l’expat’ n’en garde pas moins sa pugnacité d’autodidacte rock, pour ne pas dire sa grande gueule loquace… bienveillante et chaleureuse, aussi.

« No money, no honey », lâche-t-il en mantra pragmatique, proposant d’enluminer un futur double vinyle 33 d’inédits de Gamine. « Façon pochette à la Decca, avec photos mirifiques d’époque, toutes en noir et blanc. Tu vois !? » Plus qu’un peu. Pour certains, le 45 tours Surfin’Bird de 1984, « Julie Julie/Sans effet » reste un modèle de single french rock. Idem du mini-album produit par deux Barracudas, sur label bordelais de rêve, Snap Shot.

« Voilà la vraie gamine ! », lâche-t-on à même les partouzeaux sociaux. Et de citer des chansons jamais publiées, disséminées en démos, avant la sophistication studio pour Barclay. Voilà les Anges compris. « Non pas que les sessions précédant l’enregistrement étaient plus poussées ou réussies. Mais, musicalement, y avait du grain avant le lissage pop de pop pour la radio… » On sait assez que lost K7 & bandes contiennent de ces kiffs affectueusement couvés, sur volumes exhumés de Dylan ou Velvet coffré. Ces trucs impossibles à cacher
à l’heure des prises premières : hésitations ou fermeté d’origine, distribution diverse d’instruments, autant de pépites pour éclairer le connoisseur.

L’album-CD Gamine revisitée 1980-86 montrait un band en gestation. « On a toujours un peu manqué de direction finalement, c’est pour ça qu’on a foiré. Même la reformation ! » Cela n’empêchera guère Paco de rejouer avec son Janus de frérot, de juste en cours d’enregistrement d’un nouvel album, soutenu par le frontman des Stagiaires. À la lumière des live qu’on a suivis de Paul Felix, sûr qu’ils en ont sous leur porte-harmonica respectif. Entre deux spots justement, Firenze con sua ragazza, « Je n’avais plus l’habitude de la ville, mais ok », Inde ou Crète et des fest’ par ici pour Sitarsonic, Paco nous apprend que dans moult pays pas si lointains, on grave son petit képa de CD… sans verser les droits plombants de reprod’ mécanique. Rappelle qu’en un web-tour, on commande telle partie de gratte ou batterie, à un musicien ès qualités. Qui, pour quelques euros, parachève tip top le titre home made qui vous occupe.

On évoque enfin des proches. Le disparu Jacques Bordeaux Rock Barax, boussole humaine de plus d’un. Thierry Sabir, clavier à la reformation et longtemps Sitarsonic side-man. Des labels que la story du point G titillera : l’un réédite Marie et les Garçons, l’autre publie Arthur Satàn. Du Covid, qui fit se retourner sur nos fuckin’ life. But no complain : dans un présent qui frappe trop fort, tout le monde n’a pas des cartouches secrètes, pour Pop égayer ou requinquer d’un sitarTrip ses contemporains. 
Patrick Scarzello

Durassic Festival,
Du vendredi 15 au dimanche 17 juillet, Parc du château de Duras, Duras (47)
www.durassic-festival.com