Franchement, si le 1er janvier, on m’avait annoncé un tel scénario, je serais resté au lit et j’aurais aménagé ma chambre comme Philippe Noiret dans Alexandre, le bienheureux…
Pourtant, tout c’était bien fini : j’avais fêté la Saint-Roger et je ne m’inquiétais pas trop des nouvelles venues de Chine. Comme tout le monde, on ne va pas se mentir.
Et puis, bah, vous connaissez par coeur la suite.
En trente ans de presse, j’en ai affronté des calamités, du 11 septembre à la crise des subprimes, j’en ai vu des empires s’effondrer, des titres disparaître au gré des fusions et autres rachats, mais un truc pareil, jamais.
Le pire, c’est de se retrouver dans la peau du médecin au chevet d’un mourant. Or, JUNKPAGE est un mensuel entièrement tourné vers la création, la culture qui se fait et se vit, pas celle qu’on enterre.
Alors, OK, en France, il y a encore une puissance publique qui intervient. Pour autant, s’il y a bien une leçon à retenir de cette année, c’est qu’il vaut mieux, et plus que jamais, compter sur le soutien des collectivités locales que sur la rue de Valois…
En attendant le retour incarné de JUNKPAGE, voici une forme légère, histoire d’oublier tout ce bordel et de rappeler encore qu’il vaut mieux nourrir son esprit que bouffer du pangolin.

Vincent Filet,
Directeur de la publication