MONO – Ni kawai façon Shonen Knife, ni noise à la Boredoms, ni zeuhl Ruins, le quartet en activité depuis 1999 poursuit sa perpétuelle quête d’atmosphères.

Qui aurait cru que le quatuor, révélé en 2001, par Under the Pipal Tree, publié alors par l’étiquette Tzadik du prolifique John Zorn, serait encore debout de nos jours, prêt à attaquer sans souci une troisième décennie ? Hâtivement classée à la rubrique encombrante et tellement réductrice « post rock », la formation fut longtemps, par paresse évidemment, présentée comme la réponse japonaise à la scène de Chicago comme aux Écossais de Mogwai. Pourtant, à bien écouter, l’humeur musardait vers des terres classiques (fascination violoncelle et arrangements luxuriants) et des éruptions heavy.

Mono, Stockholm 2005

Collaborant aussi bien avec Katsuhiko Maeda (plus connu sous l’alias World’s End Girlfriend) qu’avec l’atrabilaire mythe Steve Albini, Mono, désormais à la tête d’une impressionnante discographie (17 albums au bas mot), figure au rang des groupes que rien ne semble atteindre tant la confiance et la constance font ici loin – An Ideal for Living ?

D’ailleurs, le départ de Yasunori Takada, batteur de toujours, en 2017, n’a ébranlé en rien le quotidien, Mono accueillant tout naturellement l’américain Dahm Majuri Cipolla, passé lui chez Deadchild, Starkiller ou The Phantom Family Halo.

Sorti à l’automne 2021, Pilgrimage of the Soul dénote une ouverture vers des cieux électroniques et un goût élevé pour le BPM. Depuis, Mono a produit la bande-son pour le documentaire My Story, The Buraku Story de Yusaku Mitsuwaka, sortant de sa zone de confort à grand renfort de piano, synthétiseurs et autres boucles. L’émoi, lui, reste fidèle au rendez-vous.
MAB

Mono + A.A. Williams
Vendredi 9 septembre, 21h, Atabal, Biarritz (64)
www.atabal-biarritz.fr