GUILLAUME DEBUT – Le danseur du Ballet de l’Opéra national de Bordeaux se fait de plus en plus remarquer pour ses talents de chorégraphe et metteur en scène. Le voici de retour avec Des corps de ballet, spectacle éclectique sur son métier où se mêlent danse et stand-up. Première le 7 mai au Cube de Villenave-d’Ornon. Propos recueillis par Sandrine Chatelier

Après Le Marchand et l’Oubli, qui faisait découvrir le grand répertoire des ballets, place à Des corps de ballet. De quoi s’agit-il ? 

C’est un spectacle sur le métier de danseur, l’univers de la danse classique, sa pratique au quotidien. Sur scène, nous serons quatre danseurs corps de ballet – c’est-à-dire non-solistes – de l’Opéra de Bordeaux : Kylian Tilagone, Hélène Bernadou, Charlotte Meier et moi.

D’où vient cette volonté de pédagogie ?

Quand je prends un Blablacar, on finit par parler de son métier. Et, à chaque fois, il y a cette même curiosité avec les mêmes questions. Souvent, les gens ne vont pas voir les spectacles parce qu’ils ont cette sensation que ce n’est pas fait pour eux. J’ai envie de créer ce lien, cette découverte entre eux et les opéras en attente d’un nouveau public. J’ai envie de leur permettre de s’approprier une culture qui leur appartient ; leur donner envie d’aller voir de grands titres du répertoire qui restent des joyaux de la danse classique.

Comment avez-vous construit votre spectacle ?

En 10 tableaux qui évoquent 10 aspects du métier de danseur. Avec un mélange de danse et de théâtre/stand-up. Ça commence avec l’évolution de la technique, depuis la découverte de la danse tout petit, à 5 ans, jusqu’à la fin de carrière vers 40 ans, en passant par les différentes étapes. Je me suis souvenu de mes premiers galas, petit garçon. Nous essayons de retrouver ces sensations, cette naïveté, avec les petits pieds qui tentent de trouver leur position en 5e, les coudes pas tenus, des mouvements pas aboutis. Tu n’y arrives pas bien mais en même temps, tu es concentré et on voit que tu veux bien faire. Tu es aussi un peu stressé, tu ne sais pas où sont papa et maman dans la salle, tu remets ta culotte, etc. Une composition musicale originale de Marwan Piechaud qui sonne un peu à la Harry Potter, rend ce passage vraiment magique !

Vous expliquez comment vous êtes devenu danseur. Qu’est-ce qui vous a séduit dans la danse classique, la performance sportive ? 

Pas du tout. Ce sont les histoires que l’on raconte, les personnages que l’on incarne. Mais il y a quand même un plaisir du mouvement bien fait. Et quand il est là, tu sais pourquoi tu as bossé.

Avec La Confi-danse, une allégorie du confinement, vous témoignez de votre vécu de cette période. Comment avez-vous traduit cette sensation d’étouffement ?

La danseuse, qui effectue la variation de Nikiya dans La Bayadère, se voit de plus en plus contrainte dans ses mouvements avec des objets qui envahissent peu à peu la scène et l’empêchent de danser.

Qu’est-ce qui vous a conduit à mélanger les genres, danse, stand-up, courtes vidéos, jeux TV ?

Il s’agissait de prendre des éléments du quotidien d’une personne qui ne s’intéresse pas à la danse classique, comme mon père à qui j’ai pensé, et de les lier avec humour à ceux du danseur. Et donc, l’univers de la TV notamment a toute sa place : on a tous vu un télé-achat ou un Questions pour un champion.

Ce qui donne un Ballet quizz façon Burger quizz, un télé-achat danse et une enquête… « tutusive » ! Expliquez-nous !

C’est comme l’émission Enquêtes exclusives, mais dans un cours de danse étudié à la loupe, en mode microcosme animalier, avec une voix off qui commente le comportement des danseurs et les compare à des types d’animaux : le danseur kangourou qui saute en permanence dans son coin,