PÉRIPÉ’CIRQUE

Jusqu’au 21 mars, la Haute-Gironde accueille la 9e édition du rendez-vous circassien initié par le Champ de Foire. Revue d’effectif avec son directeur, Thibaud Keller.

Propos recueillis par Marc A. Bertin

L’itinérance de la manifestation est-elle désormais ancrée dans les habitudes ?
Absolument. Péripé’cirque est un moment identifié et repéré dans la saison du Champ de Foire, attendu par le public de Haute-Gironde comme par les amateurs du genre qui viennent de la métropole. À nos yeux, il s’agit plus d’un « temps fort » que d’un festival. Il y a quasiment un mois d’événements avec des compagnies régionales et nationales, beaucoup de spectacles peu vus dans le département. L’an dernier, nous n’avons pas lâché l’affaire, organisant une édition en mode buissonnier, « Précipité de cirque ».

Tacoma ©Raphaël Caputo

Péripé’cirque, c’est l’art circassien dans son acception la plus large, non ?
Nous prenons effectivement le pouls de la création contemporaine. Il y a peu de chapiteaux sur la place du village à l’ancienne. Les compagnies accueillies s’adaptent ou créent spécifiquement telle la compagnie Bivouac, qui investit les anciennes cuves à pétrole, sous la citadelle de Bourg-sur-Gironde. Elle a collecté des textes auprès des habitants et ce matériau sera la base de Dédale, l’expérience immersive. On détourne, on contourne. On fait découvrir le parc du Tasta, à Saint-André-de-Cubzac, avec Little Garden. On présente pour la première fois du trapèze en salle avec Crazy R. Le va-et-vient est permanent.

Péripé’cirque ne s’adresse pas qu’au jeune public…
…absolument, à l’image du théâtre de marionnettes, le cirque, c’est la même chose. Il suffit de voir l’essor du cirque de récit. Cette année, nous recevons deux propositions jeune public : Ziguilé et Little Garden.

Faut-il encore faire son marché ou bien êtes-vous sollicité ?
Un mélange entre choix et sollicitations. Il faut aussi accompagner de nouveaux projets portés par des compagnies locales ou régionales comme La Frontera de Stefan Kinsman, artiste associé au Sirque, Pôle national cirque de Nexon, en Haute-Vienne. La compagnie est venue en résidence en octobre 2020, on découvrira enfin la forme complète de Searching for John. Notre place dans le calendrier intéresse beaucoup les compagnies qui peuvent montrer aux pros leurs dernières créations et se retrouver programmées la saison suivante. Dernier point, la mutualisation des ressources pour recevoir un spectacle. Cette année, sans l’aide notamment du Carré-Colonnes, difficile pour le seul Champ de Foire de proposer Ziguilé de la compagnie réunionnaise Très-d’Union.

Comment essaime-t-on dans le territoire ?
Certaines collectivités nous sollicitent, des privés aussi. On explore beaucoup. Souvent, j’attends de dénicher le lieu idoine pour accepter une proposition. Dans la construction, des lieux me font penser à certains spectacles et vice-versa ; une réflexion permanente pour obtenir la bonne adéquation. Nous souhaitons plus que tout mettre en lumière les richesses du territoire à l’image de la grotte de Pair-non-Pair, méconnue par nombre de locaux. Ces pas de côté permettent de réinterpréter le territoire.

Le choix du cœur ?
J’attends avec impatience Circavalcade : 8 classes du territoire et l’école de musique intercommunale du Grand Cubzaguais vont collaborer avec la compagnie L’Expédition sur un principe de partition de jonglage. Présentation devant le Champ de Foire, le 11 mars, à 18h, c’est gratuit, festif, populaire et on a besoin de retrouver l’espace public.

Péripé’cirque, 9e édition,
jusqu’au lundi 21 mars.
www.lechampdefoire.org

3D©João Paulo Santos