Par Didier Arnaudet & Anna Maisonneuve

Dans La Comédie humaine, Balzac s’est voulu historien plus encore que romancier et s’est attaché à l’étude des faits sociaux, de leurs causes et de leurs principes pour révéler l’atmosphère d’une époque. Le théâtre de la nature humaine étant peu propice à la relâche, l’héritage de Balzac n’a jamais cessé de prospérer et l’art a continué d’affûter le jeu singulier servant à la représentation critique des mœurs et des affrontements dans la société.

Après des mois de pandémie et l’orchestration médiatique d’une « interminable foire d’empoigne entre ego » (Étienne Klein), Laurence Pustetto a convié cinq artistes à appliquer leurs méthodes d’observation et de représentation sur ce nouvel épisode des « comédies humaines ». Ils n’apportent pas de solutions mais posent des questions sur la fragilité de l’existence comme constante fondamentale de toute société humaine.

Les sculptures de Marc Petit convoquent des personnages rongés par l’errance qui se réduisent à leur incertitude, leur hésitation entre présence et absence. Les portraits peints de Lucie Geffré se confrontent à la transparence et l’effacement, et apparaissent comme des échos lointains et fantomatiques. Guillaume Couffignal compose des fragments d’un univers voué à la ruine mais dégagé de la fascination et de la mélancolie.

Véronique Pastor peint au stylo des mélanges mystérieusement flottants de figures humaines ou animales. Les constructions de Jérôme Gelès conjuguent une esthétique de la récupération et de l’assemblage, et une poétique d’un ailleurs qui appelle et inquiète.

« Comédies humaines », jusqu’au samedi 30 octobre, Maison Galerie Laurence Pustetto, Libourne (33). www.maisongalerie-lp.fr