CHÂTEAU DE BIRON – Le Fonds départemental d’art contemporain de Dordogne (FDAC) souffle ses vingt bougies dans une exposition rétrospective.

Collection FDAC 2020
Collection FDAC 2020

Faire connaître le travail des artistes résidant en Dordogne auprès du grand public, telle est la mission du Fonds départemental d’art contemporain de Dordogne. Initiée à la fin des années 1990 par le Conseil départemental de la Dordogne, formalisée en 2002, cette collection compte aujourd’hui plus de 500 œuvres. Diffusées largement dans les communes du territoire périgourdin, les établissements scolaires ainsi que les EHPAD, les œuvres croisent la peinture, la sculpture, le dessin, la photographie, l’installation, la vidéo et même le numérique.

Enrichi tous les deux ans par de nouvelles acquisitions (en moyenne une vingtaine), ce patrimoine culturel fête cette année ses 20 ans dans une exposition rétrospective. Riche de 97 œuvres signées par une quarantaine d’artistes, cette sélection associe les derniers achats, présentés pour la première fois dans leur totalité, à des œuvres plus anciennes. Présenté sous les voûtes médiévales de la forteresse de Biron, ce panorama se dévoile dans un parcours articulé en sept chapitres qui nourrissent une vision du monde nécessairement ambivalente.

Collection FDAC 2020
Collection FDAC 2020

La Shoah, la crise grecque, l’exode des migrants qui franchissent la Méditerranée, le réchauffement climatique, la chute de la biodiversité : les photographies, peintures, compositions numériques, installations, dessins et sculptures qui inaugurent le parcours nous plongent de plain-pied dans les heures sombres de l’Histoire passée, présente ou à venir. Préférant l’ellipse et l’allégorie aux poncifs racoleurs et frontaux, les visions tourmentées hantent ainsi une sereine étendue d’eau saisie en plein hiver à quelques kilomètres des camps de concentration d’Auschwitz-Birkenau (Frédérique Bretin, diplômée de l’École nationale supérieure de la photographie d’Arles, installée à Calviac-en-Périgord), comme cette succession de formes taillées dans le marbre baptisée Exode (de Giovanni Carosi). Le macabre se prolonge dans le second chapitre de l’exposition consacré aux vanités (un sujet académique très codifié) ; on y croise aussi une Pietà (Tony Crosbie), des natures mortes (Maurice Albe, Pierre Lahaut, Gérard Fioretti) et des memento mori ambigus à l’instar de celui imaginé par l’artiste britannique Simon Gales. Installé à Coulaures, ce diplômé du Goldsmiths College de Londres détourne ici la symbolique habituellement associée au crâne pour évoquer le lieu de la pensée et de l’âme… ouvrant ainsi une brèche vers les catharsis à l’œuvre dans la section suivante.

Dévolue aux beautés profanes, à la figure humaine et au portrait, elle nous escorte vers les paysages urbains qui se métamorphosent en échappées pastorales avant de nous extraire définitivement du réel avec les abstractions réjouissantes des Baltazars, de Catherine Aerts-Wattiez, d’Inna Maaímura, de Jean-François Noble ou encore de Marcel Loth. Enfin, l’art pariétal et ses extensions mythologiques plurielles offrent un retour au réel teinté d’humanisme, de rêve, de poésie, d’énigme immémoriale, d’humour et de satire.
Anna Maisonneuve

« États d’âmes. Dix ans d’acquisitions du FDAC »
Jusqu’au lundi 6 juin, château de Biron, Le Bourg, Vergt-de-Biron (24)
www.chateau-biron.fr