LA TRÈVE + SOURDURE

Dans le cadre du programme Paratge d’Òc et d’ailleurs, un plateau de rêve pour dynamiter comme il se doit la culture occitane.

Il faudra bien un jour féliciter comme il se doit l’Agence culturelle Dordogne- Périgord pour son infatigable travail de fonds mené sur le patrimoine de la langue et de la culture occitane, loin du folklore parfois trop réducteur de la traditionnelle Félibrée. Et ce n’est pas le moindre des mérites au pays de Jacquou le Croquant que d’avoir conçu Paratge.
Faut-il encore présenter Sourdure, projet de l’Auvergnat Ernest Bergez, virtuose du cornet à bouquin et de la vielle à roue ? Conciliant répertoire traditionnel du Massif central, instrumentarium vernaculaire et électronique, Bergez a explosé le cadre depuis longtemps, collaborant aussi bien avec Orgue Agnès, Kaumwald, Tanz Mein Herz ou bien en quatuor Sourdurent — avec Jacques Puech, Elisa Trébouville et Loup Uberto — et malaxant son patois vers des cieux insoupçonnés. Sa dernière livraison, De Mòrt Viva, dont la pochette est signée Camille Lavaud, flirte avec l’art divinatoire du tarot…
En ouverture, La Trève, installation performative cinématographique, conçue comme un voyage hallucinatoire au coeur du plateau volcanique du Velay. Une manière de pas de côté pour s’affranchir du format attendu de la projection au profit d’une expérience immersive de l’image documentaire. Une invitation élaborée par Yann Gourdon (France, La Nòvia), Gwendal Le Goff, Grégoire Orio et Jacques Puech avec des textes d’Élodie Ortega.
Dans le Velay, la treva (la trève) est une manifestation alarmante : cause d’illusions d’optique, de déplacements d’objets, de chutes de pierres et de bruits mystérieux, mais aussi de charivaris démoniaques et parfois de la possession diabolique de certains occupants. Trevar signifie fréquenter un lieu, errer, rôder.

Marc A. Bertin

La Trève + Sourdure,
mardi 22 mars, 19h,
Le Palace, Périgueux (24).
www.odyssee-perigueux.fr