TÊTES RAIDES – À l’origine, en 1984, huit caboches. À nouveau rassemblées, pour une tournée générale, accompagnant la publication de Big Bang Boum, 15e album studio.

Têtes Raides, oui, sans l’article. Groupe singulier avec un nom pluriel. Et un cerveau : Christian Olivier. C’est lui qui écrit les mots et qui, depuis le début de l’histoire, les incarne à la scène, bitos vissé sur le crâne. C’est lui qui joue à l’avant, tout en noir, comme ses compagnons, et souvent comme ses textes.

Au bout de toutes ces années, entre formations diverses et albums solo, l’homme voulait rassembler la famille avec tous les cousins qui avaient pris du champ. Retrouver les plus anciens, mais aussi le public, ces autres têtes perdues de vue avec les confinements. Tant de frustration accumulée des deux côtés.

Têtes Raides, groupe formé dans l’émergence de la scène indépendante en France, au milieu des années 1980, a maintenu le cap (!) alors que tant d’autres autour avaient disparu, étaient rentrés dans le rang ou avaient tenté des reformations avortées.

Têtes Raides, en 2021, reprend les choses où Têtes Raides de 1988 les avait entamées. Même intransigeance, même message esthétique, mêmes musiciens, même poésie en fanfare triste, et Bing Bang Boum pour témoigner de la bonne santé de l’équipage, dont le titre onomatopéique semble répondre au Comic Strip de Gainsbourg. D’ailleurs, sur scène, Têtes Raides s’approprie fidèlement La Chanson de Prévert de l’homme à la … tête de chou.

Les noces de la bande originale prennent aussi des couleurs ; un peu d’electro venant soutenir le propos toujours concerné, vigilant, combatif. La voix, déterminée, mène la charge, et, derrière, la bande, cuivres au clair, ne fait pas de quartier. Sous la lumière, Têtes Raides sait aussi faire la java. Le mot d’ordre pour cette tournée ?
JR

Têtes raides + Télégram, jeudi 16 décembre, 20h30,
Le Rocher de Palmer, Cenon (33). lerocherdepalmer.fr