ANDY SHAUF – Inutile de s’habiller comme Sol Labonte pour savourer l’unique date, à Mérignac, du discret musicien canadien d’obédience folk.

Andy Shauf

Natif de Regina, dans la Saskatchewan – la province aux 10 000 lacs –, élevé dans un foyer évangéliste sensible à la musique, Andy Shauf développe une appétence pour la chose, apprenant aussi bien la guitare que le piano, la basse que la clarinette, tenant même, adolescent, la batterie au sein de Captain, formation pop punk chrétienne. Las, la foi quitta en chemin l’intéressé.

Désormais ermite dans la cave familiale, il conçoit Darker Days, collection de démos, en forme de galop d’essai préfigurant The Bearer of Bad News. Ce deuxième album suscite aussitôt des comparaisons avec le regretté Elliott Smith, influence assumée et revendiquée, mais autant que Neil Young ou Wilco. La critique élogieuse lui ouvre la porte à des tournées significatives en Amérique du Nord comme en Europe.

En 2016, The Party manque de peu le Polaris Music Prize mais permet à son auteur de gagner encore en audience, qui part s’installer à Toronto, Ontario. Depuis, le songwriter appliqué excelle dans les vignettes intimes façon Raymond Carver, que ce soit avec The Neon Skyline (2020) ou le récent Wilds (2021) et, y compris, dans son projet Foxwarren, où, flanqué de copains du lycée, l’oiseau chausse les pas de Crosby, Stills & Nash.

En ouverture, la Vancouvéroise Helena Deland – qui a suivi la route transcanadienne jusqu’à Québec avant de poser ses valises à Montréal –, nouvelle voix à suivre de très près. Sinon, il y a 50 ans, Joni Mitchell (née, elle,
à Fort Macleod, dans l’Alberta) publiait For the RosesMarc A. Bertin

Andy Shauf + Helena Deland, mercredi 20 avril, 20h30,
Le Krakatoa, Mérignac (33). krakatoa.org