REGARDE ! Nul ordre cinglant à l’horizon, bien au contraire, la Ville d’Arès lance la première édition d’un festival pluridisciplinaire dans l’espace public avec pour devise un triptyque républicain « sublimer, rassembler, festoyer». Diane Sasso-Launay, directrice des Affaires culturelles et de la Communication, lève un coin du voile.
Propos recueillis par Marc A. Bertin

Carole Poutays, L_oeuf du Phénix vertical

À l’origine, la manifestation devait s’appeler Les Arésistibles, pourquoi ce changement de nom ?

À l’approche de l’événement, un questionnement a vu le jour sur ce nom que nous avions trouvé il y a un an déjà. Nous redoutions un risque de confusion ; nous ne sommes pas un festival d’humour… La Ville d’Arès porte cette manifestation pour mettre en avant son territoire ainsi que la création. « Regarde ! » s’est imposée après réflexion et répond à une meilleure cohérence comme au risque d’obsolescence. Ce nouveau nom revêt plusieurs significations, des feux de la Saint-Jean au regard à porter sur notre territoire et nos créations exclusives.

Que faut-il entendre par festival des arts de l’espace public ?

Un principe de mixité dans lequel l’espace public s’inscrit pleinement dans les créations. On l’investit par toutes les pratiques. On désire également modifier la perception de la ville par le prisme culturel. On va à la rencontre du public et on l’intègre dans l’espace public. On cherche à sensibiliser et surprendre les habitants de la commune. On change un peu le fonctionnement car il s’agit malgré tout d’un enjeu démocratique. En outre, l’accessibilité passe par une politique tarifaire adaptée : sur 10 propositions, 2 sont payantes (à prix très doux) pour les adultes. Tout est gratuit pour les enfants.

« Donner du rêve en des temps trop soumis aux protocoles, voilà la base de notre projet afin de nous rassembler. »

La forme de l’itinérance participe-t-elle aussi de cette volonté de (re)découverte du territoire ?

Surtout à la rencontre des beautés « cachées » du territoire arésien qu’il faut sublimer. Nous partons d’une commande politique : initier un festival sans singer les autres communes. Il fallait absolument mettre en lumière les trésors de notre ville. Et, dans une période compliquée, post crise sanitaire, poser aussi la question du Beau dans la nature ; ramener du rêve nous semblait essentiel. On met trop souvent cet aspect de côté. Or, donner du rêve en des temps trop soumis aux protocoles, voilà la base de notre projet afin de nous rassembler.

Comment arrive-t-on à se glisser dans l’agenda déjà surchargé des propositions estivales ?

Des arts dans l’espace public, c’est compliqué en plein hiver. Juin, c’est parfait car nous touchons les Arésiens et les Arésiennes mais aussi tout le département de la Gironde. Nous avons scrupuleusement regardé les autres propositions qui se tenaient à cette période en Gironde. Enfin, et plus que tout, il tenait à cœur à notre maire que l’on fêtât la lumière, le 24 juin. Voilà notre point de départ.

Quid du volet street art, dévoilé le 24 juin ?

Il découle d’une volonté politique affirmée : retrouver au maximum le cachet urbanistique vernaculaire d’Arès, une véritable station balnéaire de charme et de caractère. Nous recensons pas moins de 52 transformateurs électriques sur l’ensemble de la commune, dès lors, pourquoi ne pas embellir ce patrimoine industriel avec la collaboration d’artistes ? Nous avons contacté Énedis afin d’obtenir les autorisations nécessaires, lancé un appel à projets (susceptible de garantir la pérennité des œuvres). 10 artistes, uniquement des talents locaux, vont s’attaquer à 13 transformateurs ; ce qui constitue une première tranche.

3 créations au programme, une belle ambition pour une première…

…le soutien n’est pas un vain mot car Arès a organisé de nombreux temps de résidence sur son territoire. Ainsi la compagnie Née d’un doute a travaillé à une espèce de balade, à l’issue de nombreux séjours durant lesquels elle est allée à la rencontre de la population pour récolter des témoignages, collecter des sons. Résultat, elle a conçu une balade sonore, À la divague, avec système d’audioguide. Pour la compagnie Silex, il s’agit d’une véritable carte blanche. Spectral est un son et lumière et non un show, un exercice sensible et poétique jouant entre ciel, mer et terre (mise à nu) à la faveur d’une grande marée basse qui révèle un paysage désertique voire lunaire sur le bassin d’Arcachon. Enfin, L’Œuf du Phénix, mis en scène et mis à feu par Pascal Ducos avec la complicité de la Smart Cie, est une proposition à la fois musicale et circassienne, entre chien et loup, avant embrasement sur la plage. Un feu de la Saint-Jean inédit.

Un coup de cœur?

Le Baluche des complices de M. Larsène de la compagnie Un rien extraordinaire pour, enfin, renouer avec le goût inimitable de la convivialité en dansant en plein air. Un bal géant, décalé et farfelu au cours duquel apparaissent à l’improviste des personnages incongrus.

Regarde !
Du vendredi 24 au dimanche 26 juin, Arès (33). 
ville-ares.fr