MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE LA HAUTE-VIENNE – À Rochechouart, exploration du thème du paysage en compagnie de l’Américaine Helen Mirra et d’artistes issus de la collection photographique du musée.

Helen Mirra
Helen Mirra

« La nature est un livre écrit en langage mathématique », pensait Galilée. Depuis le milieu des années 1990, Helen Mirra explore ces liens implicites dans une œuvre aussi rigoureuse que poétique réalisée à partir d’objets et de matériaux simples (feutre, laine, coton, bois), récupérés (vêtements, palettes de transport) ou glanés dans la nature (pierres, pommes de pin, végétaux).

Montré à la Biennale de Venise (2003) et à la Biennale de La Havane en 2015, le travail de cette native de Rochester (New York) est à l’honneur au Château de Rochechouart, qui lui consacre sa première exposition personnelle dans une institution française. Riche d’une trentaine d’œuvres, le parcours rétrospectif revient de manière non chronologique sur un processus créatif qui se construit par la marche et la méditation. Ces dernières s’offrent au visiteur sous la forme d’expérience sensitive (dans une salle où le sol a entièrement été recouvert de bottes de paille) ou visuelle à l’instar de la série Field Recordings.

Réalisés lors d’escapades pédestres interrompues toutes les heures, ces « enregistrements de terrain » associent toutes sortes d’éléments (brin d’herbe, feuille, souche d’arbre, sol, pavés…) prélevés sous forme d’empreintes textiles. Empruntant à la technique japonaise du gyotaku (consistant à reproduire l’empreinte d’un poisson le plus fidèlement possible), cette approche nous entraîne, par extension, vers les systèmes de mesure et de classification qui ont irrigué les représentations du monde dans le domaine des sciences. Points de vue naturaliste, astronomique, mathématique, physique, géographique et empirique croisent ceux du poétique, du spirituel et du philosophique. En témoignent encore Wolke et ces couvertures blanches soigneusement dépliées, étalées et superposées avec un léger décalage de manière à générer une immense étoile ou Sky-wreck, dont les multiples formes découpées fonctionnent à la manière de la projection cartographique de Fuller. Plutôt que de s’attacher à la surface de la terre, la centaine de triangles indigo constituée par l’artiste évoque le ciel.

En écho à l’exposition personnelle d’Helen Mirra, le musée présente sur l’ensemble du premier étage une exposition collective qui réunit une centaine d’œuvres photographiques signées par 19 artistes sur le thème du paysage. Parmi eux : Hamish Fulton, Sarah Anne Johnson, Mike Kelley, Richard Long, Nicolas Moulin, Gabriel Orozco, Thomas Ruff, Mark Ruwedel, Danh Võ, Lois Weinberger, James Welling ou encore Cerith Wyn Evans. Anna Maisonneuve

« Helen Mirra – Du vent au vent »
Jusqu’au dimanche 18 septembre

« Les pensées sauvages – Regard sur une collection photographique »
Jusqu’au dimanche 6 juin
Musée d’art contemporain de la Haute-Vienne – Château de Rochechouart, Rochechouart (87)
www.musee-rochechouart.com