JUAN WAUTERS

Et si l’indolent musicien était le plus beau miracle venu d’Uruguay depuis Edinson Cavani ? Est-ce aller vite en besogne ou bien avoir raison ?

Mine de rien, en huit années de labeur et autant de vagabondages, Juan Wauters a déjà publié 5 albums en 8 saisons sous les couleurs de l’étiquette Captured Tracks, maison indépendante sise à Brooklyn, qui l’a signé avec North American Poetry (2014), carte de visite en solitaire après ses débuts au sein de The Beets.
Si rapidement les comparaisons musicales et extra-musicales avec Jonathan Richman ont frappé les esprits, faire le troubadour mi-gringo mi-latino, la guitare à la main, ne devrait occulter ce je-ne-sais-quoi de terriblement attachant, y compris dans l’approximation voire dans les errances capillaires.
Amateur de miniatures fortement autobiographiques, Wauters ne jouit pas encore de l’aura de l’ancien Modern Lovers, et, très honnêtement, on s’en moque comme d’une guigne. On préfère largement le prendre tel qu’il est, toujours sur la brèche, un jour en Argentine, le lendemain à Brooklyn, enregistrant dans sa chambre ou bien cruisant en coupé Mercedes dans East L.A. avec Mac DeMarco. Sortira-t-il un jour un très grand disque ? Qui sait ? On aura toujours le même bonheur béat à poser Who Me ? sur la platine plutôt que d’attendre une chimère capable de faire pleurer les décimales de Pitchfork…
L’an dernier, avec une désarmante naïveté, Real Life Situations racontait par le menu son quotidien mis à mal par la pandémie dans une espèce de mixtape qui ne dit son nom, mais fait mouche. Parfois, on ferait bien la route avec ce gus sans but précis, uniquement pour le plaisir.

MAB

Juan Wauters,
vendredi 25 mars, 20h30,
Blonde Venus, Bordeaux (33).
www.iboat.eu

Juan Wuaters—Gusanoloco ©Gustavo Miguez