PROTOMARTYR – Quand le quartet d’obédience post-punk quitte son Michigan natal, ce n’est certainement pas pour venir cultiver des chicons…

On ne fera pas, ici, l’insulte de dresser l’inventaire de ce que la musique populaire doit depuis le xxe siècle à Detroit. Motor City a toujours plus transpiré le talent que Billancourt qu’il ne fallait pourtant désespérer selon le bon mot apocryphe du bigleux existentialiste…

Protomartyr ©Trevor Naud

En activité depuis 2010, la formation, née sur les cendres de Butt Babies, a pris réellement forme en enrôlant Joe Casey, atrabilaire chanteur et impassible frontman, quelque part entre David Thomas et Mark E. Smith.

De connexions avec la gloire locale garage Tyvek en 7” et autres concerts suscitant un intérêt aussi vif que croissant, le groupe signe, en 2012, son premier format long No Passion All Technique pour le compte de l’étiquette Hardly Art Label, tête chercheuse de l’émergence du gros indé mythique Sub Pop.

Depuis, Protomartyr (et son goût sûr pour les pochettes aussi efficaces qu’iconiques) ne s’est pas enfoncé dans son canapé pour siffler des casiers de Duff® et regarder les saisons des Detroit Tigers. Bien au contraire : 4 albums ont suivi (Under Color of Official Right, The Agent Intellect, Relatives in Descent, Ultimate Success Today), une signature pour l’Europe chez Domino, une audience exponentielle de part et d’autre de l’Atlantique, une presse enthousiaste, et même un EP invitant Kelley Deal, sœur d’une ancienne bassiste des Pixies.

D’aucuns pinailleront sur l’originalité de la proposition, alors, que répondre ? Soit rester chez soi à écouter en boucle, au hasard, l’intégrale de Josef K, soit faire l’effort de bouger son cul et de juger sur pièce. Marc A. Bertin

Protomartyr + Heimat
Samedi 17 septembre, 20h30
Rock School Barbey, Bordeaux (33)
www.rockschool-barbey.com