POKEY LAFARGE Date unique à La Rochelle pour le troubadour de Bloomington, Illinois, à la faveur de la 16e édition des Nuits de l’Alligator.

Au petit jeu du vernis rétro – vintage dans la langue de Joseph Robinette Biden, Jr –, longtemps, le pays de la Liberté comptait sur l’élégant Leon Redbone, pourtant natif de Nicosie, capitale de la république de Chypre. Las, l’élégant tout de blanc vêtu s’est tu en 2019.

Né en 1983, Andrew Heissler (pour l’état civil) n’adopte son alias « Pokey » qu’après le lycée. Fasciné par l’histoire, la littérature mais aussi les racines de la musique nord-américaines, le multi-instrumentiste (banjo, guitare et mandoline) part sur la route se frotter à l’immensité, jouant dans la rue façon busker et s’acoquinant au gré des rencontres avec force musiciens partageant son amour du vernaculaire americana.
À 23 ans, il publie l’auto-produit Marmalade, début d’une prolifique discographie croisant en 2013 l’étiquette Third Man Records d’un certain Jack White, qui l’avait convié avec son groupe The South City Three pour son premier album en solitaire Blunderbuss. Inutile de dire qu’une telle invitation vaudra toutes les recommandations. Résultat, Something in the Water (2015) entre dans le top 30 des albums country & western ; à moins que ce ne soit pour sa pochette…
Toutefois, ne pas réduire l’oiseau à une espèce d’antiquaire rêvant sa carrière en 78 tours. La bougeotte, de Saint Louis, Missouri, à Los Angeles, Californie, a fait mûrir son écriture et enrichi son spectre d’influences (la soul des années 1960, notamment) comme l’atteste l’humeur nouvelle depuis Manic Revelations (2017). « Well, I heard the news, there’s good rockin’ tonight » comme dit la chanson.

Marc A. Bertin

Pokey Lafarge + Jontavious Willis + Cherry’s on Top,
mercredi 2 mars, 20h, La Sirène, La Rochelle (17).
la-sirene.fr