LESS PLAYBOY IS MORE COWBOY

Après deux éditions délocalisées, puis une pause, la perle poitevine des festivals est ENFIN de retour au Confort Moderne ! Lau Phi, indéfectible programmateur musical du lieu, ne cache pas sa joie nonobstant son légendaire flegme breton.

Propos recueillis par Marc A. Bertin

Alors, impatient ?

Évidemment ! Hâte de voir ce collectif réuni pour l’événement ; une première dans l’histoire du festival. Durant trois jours, La Fanzinothèque (qui a une journée dédiée pour ses 30 ans), Jazz à Poitiers, Transat unissent leurs forces, sans oublier deux expositions proposées par Yann Chevallier. C’est un rendez-vous apprécié de chacun. L’envie et l’implication sont largement partagées.

Au titre de la nouveauté, la date…

…ce choix dans le calendrier n’est pas évident car, à cette période, Hop Pop Hop à Orléans et Coconut Music Festival à Saintes frayent dans les mêmes eaux. En outre, nous avions des contraintes plus internes : éviter les Journées européennes du Patrimoine, accueillir une exposition dans le cadre de Traversées. Néanmoins, le programme s’est rapidement monté. A priori, ce sera toujours septembre. On finit la saison en juin avec Bruisme, porté par Jazz à Poitiers, et on démarre, en septembre, avec Less Playboy Is More Cowboy. Cela fait sens pour les deux structures. En outre, juin devenait hyper-concurrentiel. Dernier point, il y a plus d’étudiants en septembre. C’est une belle vitrine pour le Confort Moderne.

L’humeur reste inchangée : « Découvrez-les avant les autres. »

Notre économie et notre capacité d’accueil produisent un rendez-vous plus confidentiel qu’un gros raout en plein air. On montre ce qui émerge plus que ce qui est survendu. On vise des propositions inédites, des choses vues en festivals que l’on désire montrer ici, des choses découvertes par les acteurs du lieu, des gens pas vus depuis un bail, des groupes sur la route, d’autres découverts en ligne. L’idée demeure celle d’un plateau qui fait sens.

Des immanquables ?

Maintes fois du collectif La Nòvia, une création avec Jazz à Poitiers, conçue pour 8 musiciens, questionnant la musique traditionnelle en 2019, une pièce très novatrice. Le plateau gratuit l’après-midi du 14 septembre avec Jim Ballon, LFant, Société Étrange, Bégayer. Ophelia, création d’Émilie Pitoiset, accompagnée par Matthieu Canaguier et Shantidas Riedacker d’Aluk Todolo ; une performance sous le sceau du doom, célébrant la sortie d’un album enregistré dans nos murs ! Errorsmith en exclusivité.

Comment durer et rester pertinent ?

C’est compliqué de réinventer la roue. En revanche, on peut préserver l’aspect fondamental : inciter à la curiosité. De même, être dans une forme de générosité et non dans une logique mercantile. Bon, c’est facile à dire et plus compliqué à faire. Néanmoins, développer un événement avec une grosse fréquentation et une forte visibilité conduit à proposer la même chose que les autres. Ici, nous montrons ce que l’on ne voit pas beaucoup ailleurs, l’autre partie de l’alternative. Je n’ai pas le sentiment d’être arrivé au bout de l’histoire et souhaite que le public reparte nourri par ce qui est proposé. Les contraintes me permettent de rester en phase avec l’esprit du festival : rester accessible et satisfaire la curiosité sans sacrifier son budget (avec des tickets à 10 € notamment). Pendant notre absence, on a reçu des manifestations de soutien des professionnels et du public. C’est un signe, non ?

Less Playboy Is More Cowboy,
du jeudi 12 au samedi 14 septembre,
Le Confort Moderne, Poitiers (86).
www.confort-moderne.fr