COUP DE CHAUFFE Le festival des arts de la rue de Cognac confirme sa métamorphose post-Covid. Lente, contextuelle, hybride, l’édition 2021 affirme un virage décroissant qui prend le temps de la rencontre. Stéphane Jouan, directeur de l’Avant-Scène, en précise les contours.

Propos recueillis par Stéphanie Pichon

L’an dernier, Covid-19 oblige, Coup de Chauffe a été repensé dans un format plus réduit, plus expérientiel aussi. Ce revirement perdure-t-il en 2021 ?
L’an dernier fut une expérience lunaire ! Nous continuons à nous inscrire dans cette tendance, avec l’envie d’explorer différentes manières d’investir l’espace public. Le festival sera fait de différents moments performatifs et d’oeuvres emblématiques de Land Art, ou disons d’arts visuels, comme RedBall de Kurt Perschke, les sculptures de Georg Traber ou Mars de Luke Jerram. On finira avec la fameuse compagnie belge Marius et sa version des Enfants du Paradis. Le format de deux jours, avec des spectacles ras-la-gueule, n’existe plus. On prend le temps. Cette édition anticipe ce que sera le projet à venir de l’Avant-Scène, avec une inscription plus permanente dans la ville, à travers des arts contextuels, in situ. Coup de chauffe est en quelque sorte une préfiguration, et il sera intéressant d’observer comment le public passe d’une forme à l’autre.

Justement, comment les spectateurs de Coup de Chauffe ont-ils accueilli ce festival nouvelle version ?
Pas mal de gens étaient déconcertés car cela n’était pas du tout ce qui était proposé habituellement. Mais il y a aussi tous ceux, nombreux, qui ont pris beaucoup de plaisir à passer du temps avec les artistes, dans différents endroits peu explorés jusqu’alors, et d’assister à des propositions plus troubles, inclassables. Il y a eu beaucoup de curiosité, des rituels se sont mis en place. Quant aux artistes, ils ont éprouvé un tout autre rapport avec la ville. Il y avait un nouveau temps, qui n’était pas celui de la représentation formatée, mais celui d’une relation à l’environnement, au contexte, aux espaces et aux gens. Toute cette expérience a été déterminante, pour ce qu’on fait cette année, et ce qu’on envisage pour la suite.

Coup de Chauffe commence cette année par une vertigineuse traversée de la Charente sur un fil !
Oui, la compagnie Basinga évolue sur des fils tendus assez hauts, entre 25 et 30 m. Là, ce sera une traversée de 250 m de long, au-dessus du fleuve. C’est aussi le moment où va débuter le parcours de RedBall. Chaque jour, ce grand ballon rouge changera de place. Pendant le week-end du 3 au 5 septembre, le format sera plus habituel avec une série de propositions plus performatives, qui auront lieu dans le jardin public avec, en clôture, Les Enfants du Paradis dans le théâtre de Nature.

Coup de Chauffe, de retour sur Terre #2,
jusqu’au dimanche 12 septembre, Cognac (17).
www.avantscene.com