BIBI Quand un cuisinier voué au bistrot rencontre un ancien sommelier de chez Pierre Gagnaire, ça donne une drôle d’adresse, gourmande et minuscule.

Ouvert fin mai par le Vietnamien de Paris Téo Barazer – créateur avec son ex-épouse de l’adresse réputée La Fleur au fusil, à Saint-Vivien-de-Médoc, maison que Madame a conservée –, Bibi, véritable restaurant de poche, possède une carte de petits plats où la pêche est reine.
Le chef traite le poisson avec un soin appris auprès de maîtres japonais. La liste des réjouissances convoque, selon les jours, moules, maigre (fumé, à recommander), raie, éperlans, sardines… et huîtres du Médoc.
Une fois par semaine, les habitués et autres connaisseurs réservent leur douzaine, et quand il n’y en a plus, il n’y en a plus. En revanche, les moules au vinaigre (6 €) sont installées sur la carte, et laissent un souvenir durable. De même que le risotto « Di Sepia », encornets frits, encre, pecorino (18 €), devenu le plat signature de l’établissement.
C’est une réussite totale, sauf quand le chef oublie, comme ce jour-là, les petits pois et la betterave rôtie annoncés sur la carte. Dommage… C’est sans doute la même distraction qui explique que la pressée d’ailes de raie et épinards prometteuse arrive, elle, sans la sauce gribiche. Le chef a oublié… rendant ainsi l’assiette bien insipide.
On aura compris que la régularité n’est pas l’étendard maison, un constat réalisé lors de la seconde visite. Dommage encore pour une adresse, où la carte des vins constitue l’autre atout. Elle cache quelques pépites comme ce Picrochole (Coteaux du Vendômois) servi au verre et à la fraîcheur bienvenue avec la cuisine de la mer.
Au 62, halte de rigueur au café/boutique/cave à vins.

José Ruiz

Restaurant Bibi
62-64, rue du Hâ
33000 Bordeaux
Du lundi au vendredi, 10h-22h.
Fermé samedi et dimanche.
Réservations : 09 53 01 93 72

©JR