MUSTANG
Que serait le paysage du rock d’ici sans le trio auvergnat ? Pas grand-chose à vrai dire. Sauf qu’être « loyal et honnête » n’inspire que la pitié…

L’affaire semble entendue – du moins pour les oreilles ouvertes à autre chose que la mélasse au kilomètre –, Mustang, c’est l’honneur français retrouvé depuis le mitan des années 2000, mais hélas partagé par peu. Si peu. Trop peu. À qui la faute ? Certainement à l’époque analphabète, qui, dès Le Pantalon, a préféré par paresse crasse cataloguer le groupe, incapable de discerner toute la malice héritée des riches heures des Charlots (des musiciens qui partageaient la scène avec les Rolling Stones, eux…).

Et voilà. Bâtir une carrière non sur un malentendu mais bien contre. Et si cela n’était pas suffisant, cette allure vintage 1954, ces nappes synthétiques, ces reprises pulvérisant les versions originales (Lescop, IAM, Gainsbourg, Coutin, Bashung, Brassens, Don Cavalli, Booba), n’en jetez plus. Autant de pièces à charge versées au dossier instruit par la police du bon goût. Vertigineuse incompréhension ou sourde jalousie face au talent superlatif de Jean Felzine ? Quand on songe à toutes ces serpillières lustrant à l’envi les sneakers moisis de la concurrence au lieu de couver des yeux les boots de Jean Felzine, LA plume de sa génération.

On a même cru que l’intéressé allait jeter l’éponge, entre échappées solitaires et duo marital avec Jo Wedin. Et, miracle des loups, retour aux affaires après un septennat de silence (relatif) avec Memento Mori, publié début 2021 sur l’étiquette maison (Prestige Mondial, en hommage au culte Step Brothers ?), quatrième format long, remonté comme un coucou, et damant une fois encore le pion aux bras cassés de saison. Voilà ce qui s’appelle en avoir dans le froc. 

Marc A. Bertin

Mustang, vendredi 29 octobre, 19h30, Blonde Vénus, Bordeaux (33). iboat.eu
samedi 27 novembre, salle André Lejeune, Check In Party, Guéret (23). inside.checkinparty.com