Dans cet ensemble d’œuvres, Fabienne Labansat cherche à être directe, efficace. Elle aborde ainsi le portrait pictural par le biais d’un vocabulaire dense, expressif de formes abruptes, aux accents primitifs tout en puisant dans l’actualité du monde qui l’entoure, dans des résonances culturelles en écho à l’histoire de l’art et du cinéma, et à des problématiques contemporaines.
Une sorte de sévérité éteint l’éclat trop vif des couleurs et impose un face-à-face avec une présence fortement imprégnée de matérialité. On y ressent des confrontations, des oppositions où se définissent les deux pôles entre lesquels s’entretient une tension : l’humain et l’animal. On y voit des hommes absorbés par un système voué à l’accroissement de la performance et de la rentabilité, et des grands singes et des chiens qui nous regardent et posent la question de leur devenir.

Dans l’engrenage du développement technoscientifique, les animaux sont domestiqués, dressés pour le divertissement, parqués dans des réserves, humiliés, confrontés à la souffrance, deviennent des machines ou disparaissent.
Ils rejoignent pourtant les humains dans l’expérience du vivant et le partage de l’espace terrestre. Ils ont également
en commun ces « 21 grammes » qui, selon la théorie de Duncan MacDougall, représentent la masse de l’âme.
Fabienne Labansat alerte sur cette arrogance humaine qui efface cette capacité d’étonnement et d’émerveillement
par laquelle commence toute réflexion, et invite à changer radicalement notre approche du monde et de la détermination des différences et des frontières entre animal et humain.

Didier Arnaudet

« Fabienne Labansat – 21 grammes »,
du jeudi 24 juin au dimanche 1er août,
Maison Galerie Laurence Pustetto, Libourne (33). www.pustetto.fr