CAMILLE LAVAUD

Quand on aime, on ne compte pas, c’est bien connu. Pour sa quatrième exposition à La Mauvaise Réputation, la brillante illustratrice présente un florilège aux petits oignons de ses derniers travaux.

Talent d’ici — née en 1981 à Bergerac et diplômée de l’école des Beaux-Arts de Bordeaux —, Camille Lavaud a su conquérir aussi bien la presse hexagonale (Feuilleton, Citizen K, Le Monde, XXI) que les institutions qui claquent (New York Times).

Son travail d’artiste, notamment exposé au Frac (ex) Aquitaine, est également connu des mélomanes amateurs des pochettes du label Born Bad Records.

Fan énamourée du regretté Jean-Pierre Marielle, elle pioche avec gourmandise dans l’héritage cinématographique français pour mieux dé/construire une espèce d’univers fantasmé se jouant de la vérité comme des simulacres. Ces fictions, souvent hilarantes, ont le goût inimitable des Série noire et l’incomparable saveur des regrettés cinémas de quartier.

Pour autant, point de nostalgie ni de palimpseste. Plutôt un art de la mémoire, avec toute la subjectivité requise et la distorsion induite.

Afin d’enfoncer le clou de cette fascinante démarche, elle a crée l’intrigant Consortium des Prairies, qui englobe aussi bien ses affiches fictives que d’étonnantes bandes-annonces, elles aussi à la lisière du réel. Ces jeux de recontextualisation ont récemment donné lieu à une nouvelle expérimentation : la conception d’une radio fictive, Radio Furax.

Elle prépare actuellement une bande dessinée — La Vie Souterraine —, à paraître en septembre chez les Requins Marteaux.

Marc A. Bertin

« Camille Lavaud », jusqu’au samedi 22 février, galerie La Mauvaise Réputation, Bordeaux (33)

lamauvaisereputation.net