THE BLACK LIPS – Ultime légende d’un certain garage déviant, la formation d’Atlanta, Géorgie, défie le temps, l’entendement, la raison et la logique.

Quand on réalise que toute cette saga a débuté en 1999, mieux vaut être assis. Franchement, deux décennies sont déjà passées sous nos yeux en couilles de mite, et The Black Lips se tient toujours debout. Ni claudiquant, ni abdiquant. Quelle foi peut donc habiter Cole Alexander (guitare) et Jared Swilley (basse) pour maintenir à flot cet esquif ? Les mecs ont tout connu, du plus sordide (la mort de Ben Ederbaugh, premier guitariste, tué dans un accident de voiture) au plus trivial (un line-up aussi changeant qu’une telenovela) en passant par une mauvaise réputation.

The Black Lips-2019©Dani Pujalte MED

En vérité, ne serait-on pas mort d’ennui si le groupe n’était venu nous botter le cul avec ses Converse® élimées et ses bottes en crotale ? On serait presque jaloux de quiconque n’aurait assisté au moindre concert de cette bande de gouapes. Tant de beauté sur le fil du rasoir, tant de tension, tant d’électricité, tant de sueur et de chapeaux de sorcière pour Halloween.

Et comme dans toutes les histoires d’amour, notre cœur d’artichaut ne fait que vibrer façon rollercoaster : Let It Bloom, Good Bad Not Evil, Arabia Mountain puis Underneath the Rainbow et Satan’s Graffiti or God’s Art. Sans parler de cette malice à chercher des producteurs à des années-lumière les uns des autres (Mark Ronson, Patrick “The Black Keys” Carney, Sean Lennon).

Puis, l’an passé, miracle des loups, The Black Lips, désormais en quintette, publie Sing in a World That’s Falling Apart, le meilleur album des Rolling Stones depuis Exile on Main St. Noël avant l’heure et la sublime Zumi Rosow en meneuse de revue. Non, vous ne rêvez pas. De toute manière quand on cite comme influences Link Wray et Duane Eddy, on mérite plus que de la considération. Du respect.
MAB

The Black Lips, mercredi 1er décembre, 20h30,
Rock School Barbey, Bordeaux (33). www.rockschool-barbey.com