TEK A(RT). Une semaine pour découvrir ce que les nouvelles technologies apportent à l’art et à la mémoire. C’est la mission du festival de Marmande, du 14 au 20 mars.

Prenez la pose de l’artiste, associez-y un support HD et vous obtiendrez… TEK A(RT), le festival de création artistique et de nouvelles technologies en Nouvelle-Aquitaine. Une semaine durant, le G7 de l’art-tech se réunit dans la sous-préfecture du Lot-et-Garonne et propose une série d’ateliers « accessibles à un jeune public, souligne Loïc Rabache, directeur des affaires culturelles de la cité marmandaise » et d’animations grand public.
Ainsi, l’Espace Mendès France de Poitiers propose une initiation à la création musicale numérique en compagnie d’Alain Chautard — qui a développé le logiciel libre SchoolScape —, Patrick Treguer et Victor Dupin. À partir d’un texte, d’une situation ou d’un thème, il s’agit de construire des pièces sonores avec des instruments non traditionnels. L’idée est de mettre en musique son imaginaire, tout en découvrant les potentialités d’instruments adaptés aux ergonomies spécifiques. Le tout en s’amusant. Les créations (individuelles/collectives) des trois jours seront mises en ligne et resteront les témoignages (traces) de ces moments de créativité. Dès 9 ans, sans réservation, samedi 19 mars, de 9h à 12h et de 14h à 18h, à la Maison Arc en Ciel.

Sensitif

Du théâtre d’objets connectés, mais pas uniquement. Le spectacle vivant se diversifie notamment en version théâtre graphique avec Albatros du collectif Or Normes, le 15 mars au Comœdia. Pas de décors en carton-pâte, ni de machinerie. Toute la scénographie repose sur des vidéoprojecteurs et des panneaux de verre mobiles offrant un jeu de perspectives et de profondeurs.

Autre approche, autre modernisation : Fahrenheit 451, création d’après l’œuvre de Ray Bradbury, signée par Les arpenteurs de l’invisible. Une pièce dite « sensitive », où le spectateur est plongé dans une dystopie virtuelle à l’aide d’un casque et de projections d’images. « Fahrenheit, c’est une pièce assez violente, prévient Loïc Rabache. Elle nous projette dans un futur sombre, où les pompiers ont pour mission de brûler les livres. Le son occupe une place particulièrement importante. Tous les sens sont interpellés. Non seulement les yeux, mais tout le corps. »

Temps pédagogiques

Ici, à Marmande, le futur ne porte pas ombrage au passé. C’est ce que tient à mettre en avant cette édition 2022 de TEK A(RT), avec une séance de ciné-patrimoine CESA, Histoire d’un site industriel, vendredi 18 mars, à 18h30, au cinéma Le Plaza. Une série de portraits d’anciens salariés de l’usine a été réalisée pour ressusciter la mémoire d’un site, pilier économique de la ville, racheté tantôt par la commune. L’entreprise, fondée en 1936, s’était imposée dans le monde de la menuiserie et de l’industrie du bois, allant même jusqu’à rafler dix années de suite la médaille d’or du meilleur fabricant de France.

« À travers ce festival, nous montrons ce que les nouvelles technologies apportent à la création artistique, aussi bien par rapport au plateau qu’au spectacle vivant. TEK A(RT) s’appuie sur des temps pédagogiques d’ouverture à tous ces sujets. Quels sont les effets des NT ? Comment les utiliser de façon saine et pertinente ? Comment peuvent-elles être l’instrument de notre devoir de mémoire ? Ces moments de réflexion sont primordiaux pour comprendre la société dans laquelle nous vivons, savoir d’où l’on vient et ce vers quoi on s’achemine. »
Chloé Maze

TEK A(RT), du lundi 14 au dimanche 20 mars, Marmande (47).
www.tekart.fr