RENCONTRES DE LA JEUNE PHOTOGRAPHIE INTERNATIONALE – Sous intitulé 20 + 21 = 22, la manifestation niortaise renaît tel un phénix avec près d’une trentaine d’artistes, 4 nouveaux lieux et une Villa Pérochon réaménagée. Patrick Delat, directeur artistique, nous fait l’article.
Propos recueillis par Marc A. Bertin

Rodolphe Sardet, chez lui et dans son atelier. Cette maison lui est prêtée par sa grand-mère (en EPAHD) et a appartenu à plusieurs générations de sa famille. Il est patient du centre Hospitalier de Niort, pôle psychiatrie
Rodolphe Sardet, chez lui et dans son atelier. Cette maison lui est prêtée par sa grand-mère (en EPAHD) et a appartenu à plusieurs générations de sa famille. Il est patient du centre Hospitalier de Niort, pôle psychiatrie Périgné, le 5 janvier 2021 ©Frédéric STUCIN

27 artistes dans 7 lieux dont 4 nouveaux – l’Îlot sauvage, le Séchoir, la galerie Desmettre et la médiathèque. Que signifie désormais ce changement d’échelle ?

Ce n’est pas seulement un changement d’échelle, il s’agit de nouveaux lieux qualitativement plus importants. Lieux récemment créés ou réaménagés en véritables outils d’exposition.

Vous inaugurez également les nouveaux espaces de la Villa Pérochon. Que va-t-on y trouver ?

Les deux étages supérieurs en rénovation vont accueillir sur tout un étage une artothèque photographique, qui recevra un fonds d’œuvres composé aujourd’hui de 3 000 œuvres, et sur l’autre étage, des unités techniques de production : un laboratoire argentique N&B, un laboratoire numérique grand format et une salle de réunion. Ces ateliers serviront bien naturellement à la résidence de création des Rencontres de la jeune photographie internationale, mais aussi pour le soutien à des projets d’artistes, pour de la formation, des stages, des masterclass…

Cette année, chose inédite, voit la restitution des créations issues de deux résidences. Comment s’y prend-on ?

On part à la recherche de nouveaux lieux, on reporte les moyens d’une année sur l’autre, on remercie nos partenaires de nous accompagner ainsi que les artistes et les bénévoles pour leur disponibilité. On réinvente le programme et on attend avec curiosité la rencontre des artistes des deux résidences et leurs réactions, leurs échanges.

« Toutes les créations ont été réalisées dans le cadre singulier de cette résidence unique. »

Nombre de résidents et de résidentes 2021 ont pris Niort et les Deux-Sèvres comme sujets « d’étude ».

Cette résidence est une véritable carte blanche, sans sujet ni thème imposé. Si la résidence se déroule bien à Niort, il n’y a pas d’obligation de traiter des sujets liés au territoire. De fait, ils sont bien présents sur le territoire et sont très souvent accompagnés dans leurs recherches par des Niortais, qui peuvent être impliqués dans la création. Toutefois, ils peuvent, s’ils le souhaitent, développer un propos sur un questionnement purement esthétique, par exemple, où le décor de Niort n’apparaît absolument pas. Le lien est que toutes les créations ont été réalisées dans le cadre singulier de cette résidence unique : un cadre collectif, avec des références artistiques et culturelles multiples, un accompagnement artistique de haut vol, un lieu de résidence magique et une équipe de la Villa Pérochon professionnelle et bienveillante.

Qu’est-ce que la Folle Nuit, qui se déroule du vendredi 29 au samedi 30 avril ?

Un temps un peu fou ! En une nuit, on décroche l’exposition présentant les travaux sur lesquels les photographes invités en résidence ont été sélectionnés, puis on réinvente le lieu avec les œuvres créées durant la résidence. Ce qui fait que le public peut voir une expo, sur le même espace, le vendredi après-midi et en voir une toute nouvelle le samedi matin dès 10h. Une nuit blanche, en quelque sorte, pour une carte blanche.

Vous présentez « D’ici, ça ne paraît pas si loin » du collectif bordelais LesAssociés. Qu’est-ce
qui vous a plu dans ce corpus ?

L’intention de départ. L’origine du projet qui portait sur la création de ce grand territoire de la région de la Nouvelle- Aquitaine et le travail réalisé par un collectif. Cet ensemble me semble tout à fait intéressant posant à la fois la question de la représentation d’un territoire par des regards croisés qui s’attachent aux questions géographiques et humaines et des formes d’écritures photographiques distinctes.

Rencontres de la jeune photographie internationale
Du vendredi 1er avril au samedi 28 mai, Niort (79)
www.cacp-villaperochon.com