MUSICALÉCRAN

Inlassable prosélyte du documentaire et film musical sous toutes ses formes, Richard Berthou parle de la 7e édition du festival bordelais, enfin doté d’un véritable QG avec un bar.

Propos recueillis par Henry Clemens

Globalement y a-t-il des nouveautés à évoquer?

Il y aura deux documentaires en avant-première, dont un sur Cat Stevens et Nueva York sur le mouvement salsa à New York. En espérant que le public nous suive, mais je crois qu’il nous faut inventer des choses et aller dans les quartiers ! Ainsi, organisons-nous une belle soirée au Grand Parc avec le soutien de la chaîne arte. La deuxième grande nouveauté, c’est la possibilité d’utiliser la salle capitulaire attenante à la cour Mably. Nous y ouvrirons notre QG. Il y aura également un petit bar ainsi que des expositions et une mini-salle de projection en accès libre et gratuit de 13h30 à minuit. Un endroit où l’on pourra passer du temps avant ou après les films.

A Song Called Hate_Still_3_credits_Raafic_Saadeh

L’exercice n’est pas aisé mais que souhaitez-vous mettre en avant ?

Il y a trois films sur des artistes un peu plus conceptuels que d’habitude : Sisters with Transistors, qui nous parle des pionnières de la musique électronique contemporaine, de compositrices très avant-gardistes. C’est un film très intéressant sur la démarche et le processus de création. Dans le même esprit, A Symphony of Noise – Matthew Herbert’s Revolution suit le producteur anglais, qui fabrique ses disques à partir de sons qu’il enregistre. En clôture, nous projetterons un film sur Max Richter, Max Richter’s Sleep, qui a conçu une œuvre que l’on écoute allongé, voire en dormant. Enfin, In a Silent Way, un film tendre consacré à Mark Hollis, fondateur de Talk Talk, qui abandonna les sirènes de la new wave pour produire des albums plus conceptuels. Mark Hollis interdisait la rediffusion de ses musiques, la gageure aura été d’en parler sans en diffuser ! Des musiciens belges et français ont passé trois jours à improviser dans un studio avant le montage des images, pour que la musique n’ait pas un rôle d’illustration. Avec Laurent Garnier : Off the Records ou encore Born Balearic : Jon Sa Trinxa and the Spirit of Ibiza, il nous a enfin semblé important de parler d’une scène très ostracisée et
peu ou pas aidée – pendant cette pandémie, la gestion de la fête a été assez scandaleuse… Je finirais par recommander La Douce France de Rachid Taha, documentaire nous rappelant qu’il y a un temps pas si lointain, où tu trouvais des immigrés ou fils d’immigrés maghrébins et des Français ensemble, en bas d’une scène rock, et à la même heure.

Musicalécran,
du dimanche 5 au dimanche 12 septembre, Bordeaux (33). www.bordeauxrock.com/festival-musical-ecran/programmation-2021/