« Human services » s’intéresse aux nouvelles formes d’asservissement par le travail. Celles générées par la place grandissante des plateformes numériques à distance, dont l’infrastructure se développe au niveau planétaire. Apparaissent ainsi de nouvelles générations de travailleurs pauvres, non salariés, isolés, sans protection sociale. Autant de présences invisibles, de vies spectrales qui évoluent dans les marges des sociétés qui sont les nôtres. 

Les oeuvres réunies dans l’exposition – vidéos, peintures, installations – nous aident à percevoir les nouvelles formes de domination liées à l’essor des technologies numériques. La vidéo Remote Sensing, réalisée par Ursula Biemann en 2003, offre une perspective historique sur ces phénomènes-là. Il s’agit d’un travail d’investigation sur l’industrie du sexe et sur les circulations des femmes à travers les pays et les continents en lien avec les médias satellitaires. 

Plus loin, une vidéo de Lauren Huret interroge le vécu des modérateurs de réseaux sociaux situés à Manille ou aux Philippines qui visionnent et effacent des milliers d’images traumatisantes chaque jour. Elle questionne par là l’impact psychique que ces « images maudites » peuvent avoir sur leurs vies alors qu’ils n’ont accès à aucun support psychologique et sont tenus au silence. 

Vue dans son ensemble, l’exposition pourrait ressembler, confie le commissaire Franck Bauchard, à un épisode de la série britannique Black Mirror. Une extrapolation de nos relations avec les technologies, de leurs conséquences intimes et politiques qui nous entraînent sur le terrain trouble de la dystopie.

« Human services »,
jusqu’au vendredi 17 avril,
LAC&S – Lavitrine, Limoges (87).
Dans le cadre de la manifestation
« Ouvrir le spectre ».
www.lavitrine-lacs.org