FESTIVAL INTERNATIONAL DE LA BANDE DESSINÉE

BISCOTO Depuis 9 ans, Julie et Catherine Staebler ont réussi leur pari : proposer de la bande dessinée décalée et alternative à destination des enfants. À l’occasion de la sortie du numéro 100, Julie Staebler nous raconte les coulisses de ce projet musclé.

Pouvez-vous revenir sur la genèse du journal Biscoto ?
L’idée vient du constat que l’on trouvait peu, voire pas de bande dessinée alternative pour les enfants, à l’inverse de la production pour adultes. On souhaitait leur proposer un équivalent en s’appuyant sur la création contemporaine et en défendant une forme de radicalité aussi bien dans les choix graphiques que dans les thèmes abordés. Les auteurs avec lesquels on travaille sont souvent très jeunes, parfois ils n’ont pas publié, ou sont encore étudiants. Je fais un gros travail de veille. Biscoto cherche à mettre en avant la création en train de se faire.

Chaque numéro explore une thématique. On retrouve des thèmes classiques comme « les potes », « la colo », mais il arrive de trouver des sujets plus inattendus.
On essaye de coller au quotidien des enfants en suivant la temporalité de l’année scolaire, mais on se permet des sujets beaucoup plus délirants. On a consacré un numéro à l’abominable homme des neiges, un autre aux croûtes… On cherche à trouver un équilibre en alternant le réel et l’imaginaire. Le thème de la timidité par exemple est sorti en septembre pour la rentrée, car c’est le moment idéal pour traiter de la confiance en soi.

Vous vous adressez aux 8/13 ans, pourquoi cette tranche d’âge en particulier ?
Même si on a parfois des lecteurs plus jeunes, 8/13 ans nous paraît l’âge adéquat pour notre projet, c’est la période où les premiers goûts des enfants se forgent. Ils commencent à comprendre le second degré, à s’initier à des sujets de société… Depuis le départ, le journal se définit comme antiraciste et antisexiste et cherche plus à poser des questions qu’à apporter des réponses.

Comment a-t-il évolué au fil des numéros ?
La maquette est restée la même. On a des BD, des jeux, des activités, mais on est passé de 16 à 24 pages et les rubriques s’adaptent en fonction des envies, des collaborations. On veut continuer à s’amuser !

En 2017, au FIBD, vous avez reçu le Fauve d’or de la bande dessinée alternative, un tournant pour vous ?
Sortir tous les mois exige beaucoup de temps, de présence, de passion. C’est une reconnaissance importante pour notre travail. Cela a permis de faire connaître le journal plus largement sans pour autant bouleverser nos ventes. On est aujourd’hui sur une diffusion de 1 500 exemplaires.

Vous sortez votre numéro 100…
…Une édition chamboule-tout, rien n’est comme d’habitude ! Pour les abonnés, il y aura un poster géant de 180 cm qui sera offert. On retrouve les auteurs familiers et historiques du journal mais pas dans les rubriques habituelles, c’est un numéro fou à l’image du journal !

Comment trouver votre journal ?
Par abonnement ou dans les librairies.

Biscoto, ce n’est pas qu’un journal, ce sont aussi des albums…
On publie 7 à 8 livres par an, ce qui peut paraître peu, or, à notre échelle, ce n’est pas négligeable. Au départ, on trouvait dommage de ne pas pérenniser les feuilletons publiés dans le journal en proposant des albums de 48 pages ; on a un peu ouvert la boîte de Pandore ! Le journal est un laboratoire pour expérimenter, réfléchir, publier les livres nous permet de travailler différemment.

Vous animez aussi régulièrement des ateliers pour les enfants.
On fait un travail de médiation pour apprendre aux enfants à produire leur propre journal. Cela les pousse à coopérer, à s’écouter, à s’affirmer. L’idée, c’est de montrer que la parole des enfants est importante, ils ne sont pas dans une bulle hermétique au monde des adultes, ils ont aussi des choses à dire !

Les éditions Biscoto sont partenaires du concours de la BD scolaire à découvrir : quartier jeunesse Chais Magelis, quai de la Charente,

biscotojournal.com