MICHAEL CIMINO, UN MIRAGE AMÉRICAIN. C’est l’événement cinéphilique de la semaine : la projection à Utopia Saint-Siméon du nouveau documentaire de Jean-Baptiste Thoret consacré au cinéaste américain disparu.

Le realisateur Michael Cimino sur le tournage du film Voyage au bout de l’enfer THE DEER HUNTER, 1978

Entre 1974 et 1996, Michael Cimino réalise 7 longs-métrages, passant du statut de prodige à celui de paria à Hollywood, laissant pour l’éternité 3 chefs-d’œuvre : Voyage au bout de l’enfer (The Deer Hunter), La Porte du paradis (Heaven’s Gate) et L’Année du dragon (Year of the Dragon).

En 2010, Jean-Baptiste Thoret, grand critique et historien du cinéma, éminent spécialiste du genre (John Carpenter, Dario Argento, Georges A. Romero) et du Nouvel Hollywood, prend la route avec un Cimino vieillissant (il mourra en 2016 à l’âge de 77 ans) et oublié par Hollywood, pour voyager à travers « son » Ouest, de Los Angeles jusqu’aux Rocky Moutains du Colorado. 

De cet entretien au long cours naît le livre Michael Cimino, les voix perdues de l’Amérique (Flammarion, 2013), dans lequel la figure légendaire et « maudite » évoque ses débuts de cinéaste, sa passion de l’architecture, son amour de John Ford, revient sur ses films, mais aussi ses projets avortés, ces nombreux scénarios écrits, puis ce silence que lui impose depuis quinze ans l’industrie hollywoodienne…

Michael Cimino, un mirage américain repart sur les traces de Cimino, dont on entend la voix égrener les souvenirs de son Amérique, de son cinéma. De l’Ohio au Montana, en passant par New York, Jean-Baptiste Thoret chausse à nouveau la figure imposée du road-movie à la manière de son fantastique We blew it (2017) qui interrogeait comment l’esprit de liberté des années 1970 avait pu aboutir à la faillite idéologique de tout un pays.

Un documentaire prouve — si besoin encore était — combien Michael Cimino n’a cessé de vouloir raconter l’Amérique, toute l’Amérique, dans ses contradictions, ses failles, ses paysages, ses hommes, ses femmes, sa beauté et sa violence.

Présenté aux festivals de La Rochelle, de Bologne (Cinema Ritrovato) et de Deauville, le documentaire sorti en salle le 14 janvier a obtenu le Grand Prix du documentaire cinéma du Festival International du Film d’Histoire de Pessac en 2021.

Michael Cimino, un mirage américain, mardi 15 février, 20h, Utopia Saint-Siméon, Bordeaux (33).
(Le film est ensuite programmé jusqu’au 27 février).
www.cinemas-utopia.org