Le petit prince canadien revient avec son cabaret intime pour une date unique en Nouvelle-Aquitaine. Be there or be square.

La dernière fois que l’on a croisé le natif d’Edmonton, province de l’Alberta, il ouvrait pour un certain Alex Cameron, alors à l’aube de son triomphe indé. Outre son falsetto, son allure et sa blondeur artificielle rappelant vaguement Paul Haig circa 1983, c’est bien son magnétisme qui frappait les esprits (évidemment bien rares ce soir-là). Pourtant, il n’avait rien d’autre qu’un malingre ordinateur portable, un micro, une paire de boots trop grande et un large pantalon feu de plancher…

Sean Nicholas Savage
Sean Nicholas Savage

Alors, il a fallu remonter à la source. Explorer le catalogue d’Arbutus Records, maison de disques montréalaise (Grimes, Tonstartssbandht, TOPS, BRAIDS) qui l’a signé en 2009 alors qu’il venait de s’installer au Québec. Depuis Spread Free Like a Butterfly (2009), SNS a publié 13 albums (!) pour le compte de l’étiquette dont il est désormais le pilier, à seulement 36 ans, croisé la route d’un sacré compatriote – Mac DeMarco, qui a produit son récent single Comet et a jadis repris son hymne lo-fi Bye, Bye, Bye –, et s’est imposé sur la scène indépendante canadienne.

Versatile, synth pop ou piano-voix, toujours sur le fil du rasoir, exact opposé du crooning façon Jack Ladder, SNS évoque plus que de raison la légende écossaise Paul Quinn au point que l’on on se prête à rêver d’une reprise du monumental Will I Ever Be Inside of You. Citant aussi bien Claude Debussy, Pablo Neruda que Le Locataire de Roman Polanski, le troubadour mérite toutes les attentions si ce n’est de la dévotion. 
MAB

Sean Nicholas Savage, samedi 21 mai, 19h
Blonde Venus, Bordeaux (33). www.iboat.eu