FIPADOC

Journaliste et documentariste, Anne Georget, présidente du festival biarrot, parle de son ambition pour ce festival consacré au documentaire sous toutes ses formes, dont une nouvelle sélection autour de la gastronomie.

Propos recueillis par Henry Clemens

Un festival pour se retrouver enfin ?
Nous avons placé cette édition sous le signe de la convivialité. On y tient d’autant plus que tout le monde s’était recroquevillé chez soi pour regarder la télé et les plateformes. On se réjouit de proposer des films qui nous amènent ailleurs ! Un ailleurs lié à la culture, à la littérature, à la peinture. Partir ailleurs pour se sentir à nouveau connecté à la communauté des humains.

Parlez-nous de l’invitée d’honneur Heddy Honigmann.
Elle est un peu une citoyenne du monde, originaire du Pérou mais vivant aux Pays-Bas, ayant parcouru le monde. Une rétrospective lui a été consacrée au MoMA à New York. C’est quelqu’un qui a ce talent unique de faire parler les gens ordinaires pour les rendre extraordinaires. Elle célèbre la beauté et l’extraordinaire du quotidien. Ça n’est jamais spectaculaire ; son humanité nous a beaucoup touchés.

Y a-t-il quelque chose qui se démarque de la sélection ?
Il faut s’imaginer ça comme un bouquet de fleurs. Il y a bien entendu une tonalité qui se dégage de la sélection mais au fond cette dernière tient à la variété des fleurs qui la compose. Toutes les écritures sont possibles, ainsi présente-t-on des documentaires d’animation comme l’avant-première d’arte, Flee. Un film très attendu et déjà récompensé à Sundance.

Aujourd’hui, quelle est la place du documentaire, dont la production enfle d’année en année ?
Le nombre de sorties en salles augmente régulièrement depuis 5 à 6 ans. Par ailleurs la télévision, le service public notamment, a des propositions documentaires importantes, pas toujours à des heures faciles quand on travaille le lendemain, mais le replay rend les oeuvres accessibles. La difficulté reste de faire savoir que ces oeuvres existent ! Le FIPADOC est un peu un écrin pour tous ces films.

Quelles ambitions nourrissez-vous ?
30 000 spectateurs en cinq jours pour l’édition 2020, c’est bien, mais nous pouvons faire mieux, notre offre peut être encore plus diversifiée et mieux connue des locaux. À noter que le FIPADOC Nomade nous permettra d’organiser des rencontres et des projections sur le territoire tout au long de l’année.

Une nouveauté à signaler pour cette édition ?
Nous avons créé « Le Goût du Doc », une sélection qui porte sur la gastronomie et l’alimentation. Je crois qu’il y a quelque chose de commun entre le bien manger et le cinéma ! L’idée ? Célébrer des produits et des chefs exceptionnels mais aussi raconter des histoires qui sont bien plus que des histoires de cuisine. On va être gourmand de cinéma, au sens propre (rire).

FIPADOC,
du lundi 17 au dimanche 23 janvier, Biarritz (64).
www.fipadoc.net