MOSTAFA EL HARFI.

Oujda est, avec la capitale Rabat, l’un des deux centres marocains où fleurit le gharnati, cette forme de musique arabo-andalouse adoptée de longue date par l’oudiste.

Oujda, ville frontalière avec l’Algérie, terre natale du gharnati et de Mostafa El Harfi. Mais de quoi parle-t-on précisément ? Legharnati ou musique gharnatie ou sanâa de Tlemcen désigne le répertoire de musique arabo-andalouse algérienne de l’école de Tlemcen et porte en souvenir le nom de la ville espagnole de Grenade, dernier bastion de l’Andalousie sous souveraineté musulmane.

Sinon, le style arabo-andalou est une tradition ayant donné jour à la musique classique marocaine. La suite classique, connue sous le nom de nouba, en est l’une des variations. Les deux autres traditions classiques étant le melhoun (une forme de poésie chantée) et le fameux gharnati, arrangé en suites pour instruments à cordes pincées et à cordes frottées, accompagnés de percussions.

Loin d’être de poussiéreuses reliques – entretenues par de séniles exégètes –, ces expressions occupent largement les programmes télévisés, durant le Ramadan en particulier.

S’inscrivant dans ce courant populaire, Mostafa El Harfi mène sa croisade depuis 40 ans. Arrivé en France à l’âge de 25 ans, il entame un cursus universitaire vers un doctorat d’histoire de la philosophie tout en donnant des cours de musique à la Maison du Maroc, à Paris. Enseigner, transmettre cette musique, tel est son moteur.

Il lance une première école à Montpellier, puis à Mérignac, il y a maintenant 20 ans. Possédé par ce besoin de répandre la bonne parole de son art, il fonde même une association, afin de diffuser rythmes et chants marocains en France.

C’est l’ensemble Ibn Al Khatib, venu précisément d’Oujda, qui l’accompagne pour son concert cenonnais.

José Ruiz

Mostafa El Harfi & l’ensemble Ibn Al Khatib d’Oujda, dimanche 4 octobre, 17h, Le Rocher de Palmer, Cenon (33).
lerocherdepalmer.fr
Concert maintenu dans le respect du protocole en vigueur le jour J.