MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE PAU – Dans l’imposant bâtiment construit au début des années 1930, se niche une collection foisonnante qui n’a cessé d’être restaurée et alimentée. Jusqu’à la fin du mois de mai, certaines œuvres qui la composent campent dans l’accrochage de printemps du musée.

©Musée des beaux-arts de Pau
©Musée des beaux-arts de Pau

Joseph Castaing (1) est un enfant du pays : il est né et mort à Pau, a enseigné non loin de là et peint, toute sa vie durant, des décorations intérieures dans le Béarn, des scènes familiales et des portraits de notables locaux. Assez naturellement, semble-t- il, nombre de ses œuvres ont été acquises et conservées par le musée des Beaux-Arts de Pau. Certaines ont pris place dans le nouvel accrochage du musée : longtemps conservés à l’abri de la lumière dans les réserves, deux pastels sur papier marouflé sur toile créés par l’artiste (et une œuvre de son fils René-Marie, qui peignait aussi) sont désormais présentés au rez-de-chaussée. Plus précisément, c’est dans la salle dédiée au symbolisme (2), sur laquelle la directrice du musée, Aurore Méchain, s’est penchée, que les pièces fragiles de Joseph Castaing ont bénéficié de toutes les attentions : des réglages techniques et de nombreuses précautions leur ont permis de s’offrir enfin aux regards.

Car tous les visiteurs, et même les plus fidèles – familiers des incontournables Naissance d’Henri IV peint par Eugène Devéria en 1827 ou Entrée dans l’Arche peint par Jan Brueghel vers 1600 –, sont invités, avec l’accrochage printanier, à découvrir les singularités et les détails d’œuvres rarement montrées ; celles-ci dialoguent désormais avec les autres, « permanentes », dans les salles thématiques consacrées à l’art du portrait, à l’orientalisme, à la nouvelle figuration ou aux natures mortes et vanités. Ces nouveautés sont de délicats trésors comme ceux de Joseph Castaing ou Marius de Buzon (3), mais aussi des restaurations et de nouvelles acquisitions. Ainsi, un dessin et une sculpture en plâtre d’Ernest Gabard (4), acquis l’année dernière par le musée, ont non seulement motivé la volonté des équipes de concevoir des salles autour de la création de l’entre-deux-guerres mais aussi initié une mission nouvelle de restauration — le musée ne possédant jusqu’ici pas de bas-relief. D’autres œuvres graphiques et en céramique issues des collections, et en particulier de l’un des fonds, conséquent, d’œuvres datant de l’entre-deux-guerres seront également prochainement sorties des réserves.

©Musée des beaux-arts de Pau

À la fin du mois de mai, ces « nouvelles » merveilles ayant pris l’air et inspiré de nouveaux récits auprès de celles qui garderont leur place dans les grands espaces du musée, retrouveront les réserves. Mais d’autres en sortiront : l’institution profitera du démontage des expositions temporaires, installées à l’étage, pour renouveler l’accrochage de l’exposition permanente ; permettant ainsi aux visiteurs de découvrir ou de redécouvrir des éléments de la collection dans un nouveau contexte une à deux fois par an et de se figurer un musée bien vivant.
Séréna Evely

Nouvel accrochage du musée des Beaux-Arts de Pau
Jusqu’au mardi 31 mai, Pau (64)
pau.fr

1. 1860-1918.
2. Mouvement artistique européen opposé au naturalisme et revendiquant un attrait pour l’allégorie, la métaphore, et les symboles.
3. Peintre français né en 1879 et mort en 1958.
4. Artiste français, palois, né en 1879 et mort en 1957.