CLOUD NOTHINGS

Le combo de Dylan Baldi souffle sur les braises d’un axe grunge/emo typique des années 1990 sans jouer la carte nostalgique.

Plutôt que vivre dans le culte stérile de Nevermind, dont le 30e anniversaire de la publication n’a en rien réussi à réhabiliter la chose en comparaison de In Utero ou de l’indispensable compilation Incesticide, quelques âmes forcenées préfèrent malaxer sans relâche le codex de la charnière 80/90, quand nombre de formations US indépendantes tentaient l’improbable creuset punk, hardcore, pop sous esthétique lo-fi.
Telle semble l’obsession de Dylan Baldi, musicien hyperactif, qui a quitté la cave familiale et abandonné ses études grâce à la magie de MySpace en 2009. Il faut, à regret, reconnaître qu’en ces temps-là, le réseau de Tom battait à plate couture Bandcamp en termes de découvertes.
Seul, puis en groupe, le natif de Cleveland, Ohio, n’aura pas dormi durant la décennie 2010 avec 8 albums pour le compte de Carpark Records (maison de Dent May et Sonic Boom), dont deux confiés aux bons soins de l’intransigeant Steve Albini : Cloud Nothings (2011) et The Shadow I Remember (2021). Ce dernier, compact à souhait (11 chansons en 32 minutes), évoque étrangement la fougue juvénile de It’s a Shame about Ray, chef-d’oeuvre des Lemonheads (qui fête ses 30 ans en juin prochain). Peut-être faut-il y déceler l’influence des escapades free jazz de Baldi avec son comparse Jayson Gerycz, en duo saxophone/batterie ?
« Les gens dont on se sent proche ne le sont pas forcément en termes de musique. Je ne sais même pas comment on sonne d’ailleurs », confiait Baldi à Télérama en 2017. Fausse modestie ? Lucidité ? Pas de côté ? Réponse sur scène. MAB

Cloud Nothings,
jeudi 24 février, 20h,
Dabadaba, San Sebastián/Donostia, Espagne.
dabadabass.com
mardi 1er mars, 20h30,
Rock School Barbey, Bordeaux (33).
www.rockschool-barbey.com