GUILLAUME CHIRON – Cet automne, direction Niort pour « L’homme qui rétrécit », nouvelle exposition du facétieux et talentueux plasticien, aboutissement de deux années intenses de travail avec Anthony Bnn, les Usines de Ligugé, la Maison de l’architecture de Poitiers, Winterlong Galerie, l’Îlot Sauvage et la médiathèque Pierre Moinot.

Le roi poitevin du collage et du bricolage est de retour, cette fois-ci dans les Deux-Sèvres. Une fois encore, son appétit pour la manipulation des images – pieusement pillées dans les périodiques vintage – fait mouche, mais « L’homme qui rétrécit » (référence au film culte de 1957, signé Jack Arnold, dont les effets spéciaux ont à jamais marqué son inconscient et son imaginaire) se fait narrateur d’une incroyable histoire en trois épisodes.

Médiathèque Pierre Moinot

Une sélection de collages, de l’encadré à la sculpture, joue sur notre perception des tailles et des échelles. Dans la juxtaposition de deux images, Guillaume Chiron met en évidence un lien ou un sens caché et nous invite, non sans ironie, à la découverte d’un univers où le monstrueux côtoie le grotesque ou le ridicule.

Port Boinot

La Grande Prairie du port Boinot accueille une nouvelle installation : une mire d’archéologue de 5m de long qui, de prime abord, pourrait être assimilée à un objet tombé de nulle part. Ce n’est qu’en s’approchant, ou en prenant de
la hauteur, qu’on s’aperçoit qu’il permet la mesure d’une trace gigantesque, celle de la semelle d’un titan. L’installation pourrait ainsi rappeler les récentes découvertes archéologiques sur le site, autant qu’elle interroge sur l’ampleur des traces laissées par l’humain sur son environnement, et diminue le spectateur à l’état d’être minuscule, perdu au beau milieu d’un monde qui le dépasse dans le temps et l’espace.

L’Îlot Sauvage

En guise de conclusion à cette déambulation niortaise, deux œuvres monumentales, inédites, qui ne sont pas sans rappeler l’attachement de l’artiste à la construction, puisqu’il est aussi à ses heures perdues concepteur et constructeur de meubles, d’escaliers, de terrasses ou de cabanes surplombant le paysage. Ici, il construit dans ce vaste espace (les anciens hangars de la chamoiserie) un parcours de visite tout à fait improbable, par lequel le spectateur évolue au cœur même de l’œuvre et devient le sujet, ou l’objet, participant à son récit. Scott Carey

« L’homme qui rétrécit », Guillaume Chiron
Du vendredi 14 octobre au dimanche 27 novembre, Niort (79)

Vernissage vendredi 14 octobre, à partir de 19h
Au menu : Julien Paci et sa V’room Galerie, déambulation jusqu’au port Boinot
Et festivités à l’Îlot Sauvage pour la suite du parcours, puis un DJ set signé Émile “Forever Pavot” Sornin