Inlassablement, chaque été, la programmation d’Allez les Filles sort Bordeaux de sa torpeur,de son ennui et son oisiveté (mère de tous les vices).

Ty Segall ©Denée Segall

Loin des esthétiques contemporaines, à l’écart du positionnement de la concurrence, le festival bordelais, qui musarde entre rive gauche et rive droite, propose une offre de plus en plus à la peine ailleurs, persuadé, à juste titre, que certaines musiques du monde et que le rock (dans toutes ses acceptions) ont encore droit de citer loin des prévisibles barnums alignant tristement les mêmes têtes d’affiche.

Initié dès la fin du mois de mai, et s’achevant fin août, Relache, c’est trois mois de concerts garantis à petit prix (si ce n’est gratuit) en plein air. Et ce sont près d’un millier de formations qui, depuis 2010, se sont produites ; certaines, a priori, satisfaites ayant désormais leurs ronds de serviettes.

S’il paraît vain de passer au peigne fin l’édition 2022, la subjectivité pleinement assumée pousse à faire deux belles croix rouges sur le calendrier. D’abord le 22 juillet, avec un beau tiercé placé : The Bobby Lees, Mulatason (from downunder with love) et le démon de la Nouvelle-Orléans Quintron, mi-vaudou, mi-organ grinder, toujours accompagné de l’irrésistible Miss Pussycat.

Ensuite, le 25 août, « Blast by Sud Ouest », spécial Californie, conviant à sa table le sulfureux trio Meatbodies cornaqué par Chad Ubovich (bassiste de Fuzz) et offrant un retour bienvenu au plus que génial Ty Segall, et son Freedom Band, sur la lancée de son exercice pervers 80s Harmonizer et dans la foulée de sa nouvelle livraison Hello, Hi ! (toujours sur l’étiquette Drag City et publié trois semaines avant A Foul Form des Osees, fidèles eux à Castle Face). En tout point, immanquable ! Sinon, la plus grosse amertume, le plus grand regret : l’annonce de la séparation, début juin, par Greg Cartwright de Reigning Sound…

Relache,
jusqu’au mercredi 31 août, Bordeaux et Pessac (33). relache.fr